La facture cachée de l’IA : Bruxelles veut rendre visible l’impact des data centers
Bruxelles s’attaque à la question de l’impact environnemental des data centers, en particulier en ce qui concerne l’intelligence artificielle (IA). L’Union européenne a déjà commencé à collecter des données sur l’énergie, l’eau et la chaleur utilisées par ces installations. Elle prépare actuellement une note commune pour comparer ces données. En France, les opérateurs de centres de données ont prélevé 575 000 m³ d’eau en 2024, presque entièrement potable.
Bien que ce volume soit faible par rapport aux prélèvements agricoles ou industriels, les besoins de refroidissement des data centers peuvent devenir critiques à l’échelle locale, notamment dans les communes ou les zones soumises aux sécheresses. Ces installations sont souvent connectées aux mêmes réseaux d’eau et d’électricité que les activités locales, ce qui soulève des préoccupations sur la gestion des ressources.
L’Europe me, mais ne note pas encore
Depuis l’entrée en vigueur du règlement délégué européen 2024/1364, les exploitants de grands data centers sont tenus de déclarer des indicateurs de performance environnementale. La Commission européenne a mis en place une base de données centralisée et publie un tableau de bord agrégé pour analyser les informations recueillies.
Cependant, un système de notation commun n’est pas encore en place. La Commission a lancé une consultation au printemps 2026 pour établir un tel système. La feuille de route de la Commission indique que ce paquet à venir doit introduire cette notation et commencer à définir des standards de performance minimaux.
Les opérateurs de centres de données sont déjà soumis à une obligation de transparence, mais ils ne sont pas encore notés de manière comparable. Cette future notation pourrait servir d’outil pour les clients du cloud, les investisseurs et les collectivités, en évaluant les installations en fonction de leur efficacité énergétique, de l’eau utilisée pour le refroidissement, de l’utilisation des énergies renouvelables et de la gestion de la chaleur rejetée.
Source : La Tribune

