Cancer Colère et agriculteurs bio unissent leurs forces contre les pesticides
Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), 31 août 2026 à 09h59
« Aujourd’hui, le cancer est une épidémie. Plus personne ne peut dire qu’il ne connaît pas quelqu’un touché par la maladie », déclare Armelle Gomez, cofondatrice du collectif Cancer Colère au Pays basque. Elle-même est à sa cinquième récidive de cancer en dix ans. Le 29 août, une cinquantaine de manifestants se sont réunis devant la permanence du sénateur Max Brisson, à Biarritz, pour protester contre la réintroduction de deux pesticides, l’acétamipride et le flupyradifurone, votée en juillet dans le cadre de la loi d’urgence agricole. Les activistes dénoncent cette décision comme une « honte ».
Gomez et Jokin Elizagoyen, également de Cancer Colère, ont affirmé : « Ils sont les alliés du cancer, il est temps de le faire savoir ! » Cette mobilisation a rassemblé non seulement des membres du collectif, mais aussi des agriculteurs, dont ceux de la Confédération paysanne, qui s’opposent à cette législation. Édouard Elixar, un éleveur de brebis ayant perdu sa fille de six ans d’une tumeur au cerveau, évoque les difficultés de l’agriculture biologique : « C’est plus facile de produire en conventionnel. En bio, on se met des bâtons dans les roues. »
D’après l’Agence bio, la surface agricole utile consacrée à l’agriculture biologique a diminué depuis 2022. Cette tendance est attribuée à des aides insuffisantes et à une Politique agricole commune (PAC) qui favorise les grandes exploitations. Nicolas Mendiboure, président du Civam Bio BLE, souligne : « On est moins soutenus que d’autres filières. Ce ne sont pas les agriculteurs qui sont responsables, ce sont des décisions politiques. »
Cancer Colère affirme que les agriculteurs bio sont la « première pharmacie des citoyens ». Les scientifiques mettent en avant les expositions environnementales, dont l’alimentation, comme facteurs dans l’explosion des cancers, particulièrement chez les jeunes. Armelle Gomez précise : « Les cancers sont multifactoriels, mais le lien entre l’augmentation des cancers, notamment chez les enfants, et les pesticides peut être démontré. Il faut plus d’études sur le sujet. »
Eñaut Harispuru, éleveur à Bunus, déclare : « On ne peut plus accepter que les gens tombent malades à cause de pratiques qu’on nous oblige à mettre en place. » La convergence entre les agriculteurs et le collectif Cancer Colère pourrait donner un nouvel élan à la lutte contre les pesticides et pour une agriculture durable.
Source : Reporterre

