COP30 : femmes, jeunes, peuples autochtones… la révolte des oubliés

COP30 : femmes, jeunes, peuples autochtones… la révolte des oubliés

Depuis l’ouverture de la COP30 le 10 novembre à Belém, une vague d’actions militantes s’est déversée tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’événement. Les manifestants, armés de tambours, pancartes et slogans, ont dénoncé l’industrie fossile, réclamé justice climatique et des financements pour les pays du Sud. Les peuples autochtones, plus nombreux que jamais, ont même tenté d’entrer dans la COP avant d’en bloquer temporairement l’accès. Samedi, près de 50 000 personnes ont également participé au Sommet des peuples pour proposer leurs solutions face à l’urgence climatique.

La présence des femmes et des jeunes dans les mobilisations s’affirme. Erika Xananine, 26 ans, a participé dès le premier jour à une manifestation devant l’Agrizone, un forum agricole soutenu par le gouvernement brésilien. Elle a dénoncé ce qu’elle appelle une “opération de greenwashing” de l’agrobusiness, mettant en lumière la pollution de sa région par de grandes entreprises de l’agro-industrie.

Justice intergénérationnelle : les jeunes veulent être entendus

La jeunesse, après avoir été influente lors de la COP28 à Dubaï, s’affirme davantage cette année. Erika Xananine a noté qu’il est difficile pour les jeunes d’accéder à la zone bleue, l’espace des négociations officielles de la COP30. Elle souligne l’importance de la voix des jeunes pour la justice intergénérationnelle : “Les décisions prises ici impactent davantage les générations futures.”

Adélaïde Charlier, cofondatrice de l’ONG The Bridge, partage ce sentiment, affirmant que l’accès à la blue zone est restreint pour la jeunesse, ce qui limite leur capacité à influencer les décisions.

Les femmes, pilier de la résilience climatique

La nécessité d’inclure les femmes dans les décisions climatiques est également mise en avant. Fatou Ndoye, fondatrice de l’association écoféministe Enda Graf Sahel, rappelle que les femmes jouent un rôle crucial dans la sécurité alimentaire et la préservation des écosystèmes, tout en étant souvent les plus affectées par les effets du changement climatique.

Un travail de réseautage et de recherche de subventions

Les actions menées par des organisations comme celle de Ndoye ont permis d’aider 4 800 pêcheuses du delta du Saloum à réhabiliter les mangroves dégradées par la surpêche et le climat. Ce travail est reconnu, notamment par le Prix Solutions Genre et Climat, qui a ouvert de nombreuses portes à ses lauréates.

Suivre les négociations et garder un pied sur l’action de terrain

Anne Barre, experte pour WECF (Women Engage for a Common Future), souligne l’importance croissante des femmes de la société civile dans les négociations pour l’égalité de genre. Le 10 novembre, 92 États ont signé une déclaration mondiale sur l’égalité de genre et l’action climatique, illustrant l’impact des mobilisations.

Barre conclut en affirmant que la société civile est essentielle pour informer les négociateurs, afin d’éviter que des politiques climatiques ambitieuses ne soient affaiblies par des lobbys industriels. Le lien entre mobilisation sur le terrain et dans les négociations est crucial pour faire avancer les choses.

Les femmes et les jeunes présents à Belém continuent de prouver leur capacité à mener des actions concrètes et à influencer les décisions de gouvernance mondiale.

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