Crise de financement pour une librairie de Rouen face à la baisse des prêts

“On ne me prête plus” : le calvaire d’une librairie rouennaise depuis 2024

On ne me prête plus : le calvaire d’une librairie rouennaise depuis 2024

La librairie Les Grimoires de Morgane, située rue de la République à Rouen, fait face à des défis majeurs depuis l’installation d’un échafaudage en juillet 2024. La Ville de Rouen a transféré la responsabilité des travaux à la copropriété, tandis que la Région a détaillé les aides accordées à la librairie.

En novembre 2024, Jessica Lulli, propriétaire de la librairie, avait exprimé ses craintes de « ne pas finir l’année », évaluant alors à environ 10.000 € la perte subie depuis la mi-juillet. À ce moment, des travaux votés par la copropriété devaient lui coûter 15.000 €. Près de deux ans plus tard, l’échafaudage demeure en place sans que le chantier définitif n’ait débuté. La seule avancée notable concerne la sécurisation de l’immeuble, réalisée après plusieurs mois d’études.

Une fréquentation réduite de moitié

Jessica Lulli constate une baisse de 50 % de la fréquentation depuis l’installation de la structure. Les samedis, jours cruciaux pour la librairie, voient son activité chuter de moitié par rapport à avant. « Le panier moyen n’a pas bougé, voire il augmente. Ce n’est pas un problème d’achat : c’est vraiment un problème de fréquentation », souligne-t-elle.

Pour compenser cette baisse, la librairie a été réagencée, remplaçant un salon de thé peu fréquenté par de nouvelles vitrines et des produits de créateurs, grâce au soutien du FADEL (Fonds d’aide au développement de l’économie du livre en Normandie). La Région Normandie a soutenu la librairie avec 10.000 € en 2021 et 2.896 € en 2025 pour les réaménagements.

Des livres retournés pour tenir

Pour améliorer sa trésorerie, Jessica Lulli a intensifié les retours de marchandises aux distributeurs. Elle rembourse actuellement deux emprunts personnels et trois professionnels, ayant obtenu un rééchelonnement de ses crédits. Les dépenses liées à l’immeuble s’élèvent à environ 30.000 € en deux ans, incluant expertises et appels de fonds. Elle travaille désormais seule dans la boutique, et sans l’aide de sa famille, ses revenus ne suffiraient pas à couvrir ses charges.

Une cagnotte lancée fin 2024 n’a pas apporté le soutien escompté, suscitant des critiques à son égard. « Il y avait eu très peu de participation et beaucoup de reproches », se souvient-elle.

Un immeuble étayé, une façade toujours en attente

La dégradation d’un balcon avait conduit à la mise en sécurité de l’immeuble. Les travaux, initialement prévus pour janvier 2025, n’ont pas encore commencé, et Jessica Lulli évoque un début possible dans deux ou trois ans. La Ville, pour sa part, renvoie la responsabilité aux copropriétaires.

Le 30 septembre comme horizon

Le retrait de l’échafaudage est prévu pour le 30 septembre 2026. Un filet transparent serait installé pour prévenir les chutes, permettant aux commerces de redevenir visibles. Jessica Lulli espère que cela lui permettra de relancer son activité avant les fêtes de fin d’année.

En attendant, rien n’avance

Deux ans après la pose de l’échafaudage, Jessica Lulli déplore le manque de progrès et la répartition des responsabilités entre les différents acteurs. La Ville a proposé un soutien, mais la libraire a écarté l’idée d’une procédure de sauvegarde, jugeant cela extrême pour l’instant.

En conclusion, la librairie Les Grimoires de Morgane continue de préparer la fin d’année avec espoir, malgré les incertitudes qui pèsent sur son avenir.

Source : ActuaLitté.

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