Des investissements records mais trop peu d’emplois à la clé : la France « se replace dans le groupe des pays qui accueillent les plus grands projets industriels »
Un rapport de Trendeo révèle que la France a enregistré un niveau record d’investissements au premier semestre 2026, principalement dans les secteurs de l’énergie et de l’intelligence artificielle. Cependant, l’emploi ne progresse que très lentement, avec des créations de postes largement inférieures à la moyenne historique.
La France n’avait jamais connu autant d’investissements au cours d’un premier semestre. En effet, Trendeo indique que 209,6 milliards d’euros ont été annoncés depuis le début de l’année, soit quatre fois plus que la moyenne des périodes précédentes depuis 2009. Les data centers et l’énergie représentent 76 % des investissements, une dynamique accentuée lors du sommet Choose France.
L’Observatoire des investissements et de l’emploi constate que « la France se replace dans le groupe des pays qui accueillent les plus grands projets industriels, les plus structurants et les plus productifs ». La taille moyenne des projets en France a considérablement augmenté, comblant presque l’écart avec les projets moyens observés entre 2016 et 2022.
Malgré ces résultats encourageants en matière d’investissements, le marché de l’emploi reste en difficulté. Le taux de chômage a atteint 8,2 % au deuxième trimestre 2026, un niveau record depuis 2020. Le solde d’emplois, qui correspond aux créations moins les suppressions, est estimé à seulement 17.980 depuis le début de l’année, bien en deçà de la moyenne de 26.066 observée depuis 2009. Ce recul s’explique par une augmentation des suppressions d’emplois, qui s’élèvent à 39.541 depuis le début de l’année.
Les fonds investis génèrent également moins d’emplois qu’auparavant. Les start-up, ayant levé 5,1 milliards d’euros, créent quatre fois moins d’emplois par million levé par rapport à la dernière décennie. Seule l’industrie montre des signes de reprise, avec 5.539 emplois supplémentaires malgré un nombre de fermetures d’usines nettement supérieur aux ouvertures.
Les activités liées à la défense et à l’énergie compensent partiellement le déclin d’autres secteurs, selon David Cousiquer, fondateur de Trendeo. Les projets de grande envergure concentrent de nombreux emplois dans des domaines tels que l’énergie, le quantique et l’aéronautique, mais ces secteurs ne bénéficieront pas directement à l’ensemble de l’économie française.
Source : Trendeo.

