Marseille : La détresse des familles à la rue face au manque de places d’hébergement

: Reportage

Beaucoup n’appellent même plus le 115 : à Marseille, la détresse des familles à la rue face au manque de places d’hébergement

Alors que le nombre d’enfants sans abris augmente en France selon l’Unicef, les associations font face à une pénurie de places d’hébergement à Marseille et craignent de nouvelles fermetures pour des raisons économiques.

Plus de 2 300 enfants dorment à la rue en France faute de places d’hébergement d’urgence disponibles, dont 20 % de moins de trois ans, selon un baromètre publié par l’Unicef France et la Fédération des acteurs de la solidarité. À Marseille, la ville compte 4 000 places d’hébergement d’urgence, mais les associations constatent une dégradation de la situation.

Armani, 7 ans, vit dans la rue depuis sa naissance. « Quand on fait la manche, parfois on nous donne à manger, parfois on ne mange pas jusqu’au lendemain matin, » explique-t-il, assis près d’un mur sur la Cannebière avec sa mère et sa petite sœur de 3 ans. « C’est difficile pour nous. On veut trouver un appartement. »

Des familles comme celle d’Armani sont régulièrement rencontrées par Robert Christin, bénévole au Secours catholique. « En tant que bénévole, la solution, c’est d’accueillir les personnes, faire du lien avec elles pour qu’elles ne perdent pas espoir, et faire en sorte que leur nom, prénom, date de naissance et téléphone soient remontés aux autorités. » Trouver un toit pour les enfants vivant dans la rue est une obligation de l’État, mais les places manquent à Marseille, comme ailleurs en France. « Nous, ce qu’on demande, c’est que les femmes et les enfants soient mis à l’abri, » ajoute-t-il.

Robert Christin souligne : « Il n’y a tellement pas de place qu’on est obligé de faire des filtres ou du tri avec des considérations qui sont horribles. »

Les bénévoles peinent à convaincre les familles de continuer à appeler le 115. Francis Vernède, directeur régional de la Fondation pour le logement, témoigne : « Il y a tellement de déceptions jour après jour. Des fois, on peut appeler le 115 pendant 40 minutes, une heure, une heure trente pour se voir expliquer qu’il n’y a pas suffisamment de place. » Beaucoup de personnes n’appellent plus le 115, et certaines ne l’ont jamais fait.

Face à cette situation, la Fondation pour le logement propose des solutions d’urgence, en particulier pour les femmes enceintes ou avec de très jeunes enfants. « Parfois, la fondation fait le choix d’héberger ces familles sur nos frais pour leur proposer des solutions, » indique Francis Vernède. Cependant, il souligne une défaillance de l’État. Dans les Bouches-du-Rhône, l’association craint que la préfecture ferme des hébergements d’urgence pour réaliser des économies. Selon le directeur régional, jusqu’à 800 places pourraient disparaître.

Source : Unicef France, Fédération des acteurs de la solidarité

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