Aux confins du Système solaire, l’énigme d’une planète cachée
Imaginez deviner la présence d’une planète sans jamais l’avoir observée, simplement en analysant le mouvement d’objets lointains. C’est le défi auquel font face les astronomes depuis plus d’une décennie. Aux confins glacés du Système solaire, certaines orbites semblent se comporter comme si une masse invisible exerçait une influence sur elles.
Une hypothèse intrigante
Tout débute en 2014, lorsque deux chercheurs de Caltech, Michael Brown et Konstantin Batygin, découvrent que plusieurs corps éloignés semblent se coordonner, suggérant l’existence d’une neuvième planète cachée.
Comportement des orbites lointaines
Derrière Neptune, une population discrète d’objets transneptuniens extrêmes (ETNO) évolue. Ces corps parcourent des orbites si allongées qu’ils passent l’essentiel de leur temps dans l’obscurité, à des distances considérables du Soleil.
Or, ces objets présentent des caractéristiques surprenantes : leurs orbites ne pointent pas dans des directions aléatoires, mais semblent regroupées, orientées dans le même sens. Ce phénomène concerne surtout leurs périhélies, les points de leur trajectoire les plus proches du Soleil. Pour Brown et Batygin, cela indique qu’une planète massive pourrait influencer ces orbites par sa gravité.
Inclinaisons anormales
Un autre indice troublant est l’inclinaison de certaines orbites, qui sont inclinées d’environ 90 degrés par rapport au plan des autres planètes. Ces trajectoires, presque perpendiculaires, soulèvent des questions sur leur origine. La présence d’une planète massive et invisible pourrait expliquer ces inclinaisons.
Un vide révélateur
Un troisième indice, plus subtil, est l’absence de certains objets à des distances orbitales précises. Ce vide pourrait résulter de l’influence d’une planète massive, qui aurait pu éjecter ou capturer des objets au fil du temps, créant ainsi des zones dégarnies.
La Planète Neuf : une hypothèse non confirmée
Bien que ces indices soient intrigants, la Planète Neuf reste une hypothèse non confirmée. Aucun observatoire n’a encore réussi à la détecter directement. Récemment, la découverte d’un sednoïde, 2023 KQ14, a remis en question certaines des conclusions initiales en montrant que les regroupements statistiques peuvent parfois être trompeurs.
L’observatoire Vera C. Rubin, qui a commencé à effectuer des relevés, pourrait avoir entre 70 et 80 % de chances de détecter cette planète, si elle existe réellement.
En somme, les regroupements d’orbites, les inclinaisons anormales et les vides inexpliqués composent un puzzle cosmique suggérant l’existence d’un corps massif et invisible. La réponse pourrait se trouver dans les données en cours d’analyse.
Source : SciencePost



