Tasses, sacs, tee-shirts : les produits dérivés des JO 2030 très loin du « made in France »

Tasses, sacs, tee-shirts : les produits dérivés des JO 2030 très loin du « made in France »

26 août 2026 à 07h00
Durée de lecture : 3 minutes

Cet article est publié en partenariat avec Spotlighted.

Laurent Wauquiez l’avait promis : les Jeux olympiques d’hiver 2030 devront « concilier le développement durable et la création d’emplois ». Cette déclaration, faite en mars 2024 au siège du Conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes à Lyon, semble en décalage avec la mise en vente, fin juin, des premiers goodies des JO d’hiver, fabriqués en Chine, en Inde et au Bangladesh.

La boutique en ligne Olympic Shop propose une gamme de produits dérivés officiels, incluant tee-shirts, mugs, sweats à capuche, gourdes et sacs cabas. Une vingtaine de produits, arborant les logos des JO 2030, sont disponibles à des prix allant de 10 euros pour un mug à 69 euros pour un sweat à capuche.

Pour la fabrication de ces articles, le Comité international olympique (CIO) a collaboré avec Fanatics, un géant américain du merchandising sportif, depuis 2021. Contactée, l’entreprise a décliné toute responsabilité concernant la stratégie adoptée par le CIO.

Aucun intermédiaire européen

La question se pose : pourquoi avoir choisi un partenaire américain pour produire des goodies pour un événement olympique français ? Selon le CIO, basé en Suisse, cette stratégie vise à « offrir un choix diversifié aux supporteurs tout en favorisant une gestion responsable des stocks et en limitant les risques de surplus et de gaspillage ».

Les mugs et sweats sont expédiés directement depuis leur lieu de production, sans intermédiaire français ou européen, en recourant au dropshipping. Ce modèle permet à un commerçant en ligne de vendre des produits sans les avoir en stock, transférant les commandes directement au fabricant.

Ce type de transaction, qui concerne des colis de faible valeur, est critiqué par l’Union européenne pour sa contribution à une « concurrence déloyale pour les vendeurs de l’UE » et pour ses implications environnementales. À partir du 1er juillet 2026, des droits de douane européens s’appliqueront à tous les colis de moins de 150 euros importés dans l’Union, ajoutant une ligne supplémentaire sur la facture des consommateurs.

Cette me suspend la taxe française sur les importations, mise en place en mars 2026, qui visait à limiter la livraison de petits colis en provenance de Chine via des plateformes comme Shein et Alibaba. Cependant, ces dernières ont contourné cette taxe en important des colis dans d’autres pays européens avant de les livrer en France.

Les objets « made in China », vendus sur la boutique officielle, ne constituent pourtant pas la collection définitive des goodies des JO 2030. Le CIO précise que « cette collection, créée spécifiquement pour marquer le lancement des emblèmes, est distincte du futur programme officiel de licences et de produits dérivés des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver Alpes 2030, qui sera développé ultérieurement par le comité d’organisation ».

Quant à savoir si cette collection « officielle » sera fabriquée en France, le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques, dirigé par Edgar Grospiron, n’a pas répondu aux demandes d’information.

Source : Reporterre

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