Tensions croissantes entre habitants et expatriés à Barcelone
Barcelone connaît une augmentation notable de sa population expatriée, attirée par le climat, la culture et l’esprit entrepreneurial de la ville. La pandémie a intensifié ce phénomène, avec l’émergence de nomades numériques qui transforment le paysage urbain et favorisent le développement de start-up et d’espaces de coworking. Actuellement, plus de 86 000 résidents nés à l’étranger vivent dans la métropole catalane, et ce chiffre pourrait doubler si l’on tient compte des personnes non déclarées.
L’afflux d’expatriés contribue à la gentrification et à la hausse des loyers, notamment dans des quartiers comme Poblenou, où d’anciens espaces industriels ont été remplacés par des cafés modernes et des bureaux. Joan Maria Soler, philosophe et membre d’une association de quartier, souligne : « Ce quartier est ma patrie, mais on ne s’y sent plus chez nous. Les prix pratiqués dans ces cafés ne sont pas normaux pour nous, les habitants. »
Cette situation engendre des tensions, exacerbées par des inscriptions xénophobes, souvent rédigées en anglais, qui ciblent principalement les expatriés riches. Enric Gabarro, un commerçant local, note que la colère ne vise pas tous les migrants, mais spécifiquement ceux qui appartiennent à une classe plus aisée.
Pour de nombreux expatriés, l’expérience à Barcelone est positive. Jake Wright, organisateur de séances de méditation sur la plage, indique que le groupe a grandi de six à 200 personnes en deux ans, soulignant l’intention de créer des liens. Cependant, des difficultés d’intégration demeurent, car les expatriés fréquentent souvent des lieux qui leur sont familiers et ne maîtrisent pas toujours la langue locale.
La municipalité de Barcelone tente de réguler cette dynamique par des mes telles que le plafonnement des loyers, la limitation des locations touristiques et l’encouragement à la construction de logements sociaux. Des spécialistes de la question soulignent que les expatriés ne sont pas les seuls responsables de ces changements, mais que la classe moyenne dans son ensemble contribue à chasser la classe populaire.
Bien que des tensions existent, elles reflètent principalement une pression immobilière et une inquiétude concernant la préservation de l’identité catalane, plutôt qu’une hostilité généralisée envers les étrangers.
Source principale : Tageszeitung.



