Il fera tout ce que vous lui demanderez : les versions « uncensored » du modèle d’IA chinois Qwen affolent les réseaux
Depuis sa sortie, Qwen 3.8, le dernier modèle d’IA open source d’Alibaba, a rapidement vu fleurir des versions « uncensored » sur Hugging Face, la principale plateforme d’hébergement et de partage de modèles d’IA. Débarrassées de leurs derniers garde-fous, ces variantes circulent librement.
Un modèle d’IA capable de répondre à peu près à n’importe quoi, sans les habituels refus éthiques ou de sécurité, et accessible gratuitement en quelques clics. C’est la promesse des versions dites « uncensored » qui prolifèrent depuis plusieurs mois dans l’écosystème des modèles open weight.
Pour rappel, ces modèles publient librement leurs paramètres d’entraînement, appelés poids, contrairement à ceux gardés derrière une API fermée. Techniquement, ces versions ne sont pas réentraînées de zéro. Elles subissent une intervention appelée « abliteration », qui neutralise la direction vectorielle associée au refus de réponse dans les couches internes du modèle. Le résultat est un modèle qui conserve ses capacités tout en perdant la quasi-totalité de ses réflexes de prudence.
Des communautés sur Hugging Face se sont spécialisées dans la republication de ces variantes désinhibées, souvent dans les heures ou les jours suivant la sortie d’un nouveau modèle. Ce phénomène s’amplifie à me que les modèles open-weight gagnent en puissance tout en devenant plus compacts, facilitant leur utilisation sur du matériel grand public.
Le dernier épisode en date concerne Qwen 3.8, sorti début août par Alibaba, et sa variante abliterée publiée le 17 août par le collectif OrcaRouter. Le tweet annonçant cette sortie a dépassé 3,5 millions de vues en quelques jours, illustrant l’appétit croissant pour ce type de modèle.
Sur les réseaux sociaux, plusieurs publications ont accompagné la mise en ligne de ce modèle désinhibé. Beaucoup s’interrogent sur les risques associés à de telles initiatives, tandis que d’autres, comme Brian Roemmele, défendent le modèle en affirmant que le risque perçu est largement stimé. Selon lui, l’essentiel de ce que ces modèles pourraient produire est déjà accessible ailleurs, notamment sur le dark web, sans avoir entraîné les dérives massives parfois redoutées.
Des utilisateurs ont mis en scène le modèle pour démontrer sa puissance, comme un utilisateur fournissant un lien de torrent illégal pour un film récent, présenté comme preuve qu’il « fera tout ce que vous lui demandez ».
OrcaRouter lui-même indique que le taux de refus du modèle passe de 64-99 % sur la version d’origine à seulement 0-6 % après abliteration, tout en conservant des capacités quasi intactes. Ce modèle « se conformera à des demandes nuisibles, contraires à l’éthique, offensantes ou illégales » que la version d’origine aurait refusées.
Il est à noter que sur ce type de modèle open weight, l’utilisateur reste responsable de l’usage qu’il en fait, un point que le dépôt d’OrcaRouter rappelle explicitement en limitant l’usage prévu à la recherche.
Source : Numerama



