En Russie, les mots étrangers sommés de disparaître, même les panneaux “open”
Depuis le premier jour du printemps, une nouvelle loi en Russie impose l’utilisation exclusive de la langue russe dans l’espace public. Les enseignes, étiquettes et signalétiques doivent désormais être comprises par tous, sans recours à des termes étrangers tels que “open” ou “close”. Si les entreprises souhaitent conserver des termes en langues étrangères, elles doivent déposer une marque, sinon elles risquent de voir leurs showrooms transformés en magasins de vêtements.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la loi sur la “protection de la langue russe contre l’usage excessif d’emprunts dans l’espace public”. Elle stipule que la langue russe doit être utilisée dans toutes les informations publiques destinées aux consommateurs. Cette exigence concerne non seulement les enseignes physiques, mais aussi les sites web, applications mobiles et descriptions de produits et services.
Les médias régionaux, comme NN.ru à Nijni Novgorod, rapportent un vif intérêt pour cette me, qui a des implications directes sur la vie quotidienne. Les commerçants doivent se conformer à cette loi sous peine d’amendes allant de 5 000 à 10 000 roubles pour les personnes morales.
Ivan Fediakov, fondateur du cabinet d’analyse INFOLine, souligne que cette loi pourrait avoir un impact significatif sur les secteurs de la restauration et de la mode, qui utilisent souvent des noms en anglais pour refléter une image de modernité et de prestige. Les termes comme “coworking” ou “barbershop” devront également être remplacés par des équivalents en russe.
La ruse consistant à transcrire phonétiquement les mots étrangers ne sera pas acceptée. Les entrepreneurs doivent se conformer à un vocabulaire normatif inscrit dans des dictionnaires officiels. Bien que la loi permette théoriquement de conserver une enseigne en langue étrangère, cela implique une procédure administrative complexe et coûteuse.
Cette loi rappelle des pratiques similaires dans d’autres pays, comme la loi Toubon en France, adoptée en 1994, qui impose l’utilisation de la langue nationale dans les communications destinées aux consommateurs.
Sur les réseaux sociaux, cette me suscite des réactions variées, certains internautes proposant des traductions exagérées de termes anglais courants, soulignant les difficultés de traduction de certaines boissons dans les menus des cafés.
Source : Vladivostok 1, RBC, NN.ru.
