Urticante et allergisante, la chenille processionnaire s’installe dans le nord de la France
Tilloy-lez-Cambrai (Nord), reportage
Les chenilles processionnaires du pin, marchant en file indienne, deviennent de plus en plus visibles dans le nord de la France. Elles quittent leur arbre-hôte, repues d’aiguilles de pin, pour s’enterrer et se transformer en chrysalides, puis en papillons.
Ces chenilles, tout comme celles du chêne, sont particulièrement urticantes. Leurs poils peuvent provoquer des réactions allergiques sévères chez les humains et des problèmes respiratoires. Les animaux, notamment les chiens, sont encore plus vulnérables, pouvant subir des lésions graves en cas de contact.
Traditionnellement présentes dans les zones montagneuses et méditerranéennes, les chenilles processionnaires du pin étendent désormais leur territoire vers le nord, en raison du changement climatique. Ce phénomène est observé avec une montée progressive de leur population dans des régions où elles n’étaient pas courantes auparavant.
Pour suivre cette évolution, un observatoire a été créé en 2021, piloté par le réseau Fredon France. Gaëtan Douchin, chargé de mission chez Fredon Normandie, souligne que les papillons peuvent parcourir jusqu’à 4 km par saison. La chenille processionnaire remonte ainsi vers le nord, colonisant progressivement les communes, avec une arrivée notable depuis la Bretagne.
La montée de ces chenilles est favorisée par des automnes et des hivers plus chauds, permettant un développement plus rapide. Douchin indique que dans la Manche, les premières processions ont été observées dès fin octobre, alors qu’elles apparaissent habituellement en janvier.
À Tilloy-lez-Cambrai, un complexe sportif a été fermé par précaution face à la présence potentielle de ces chenilles. Un arrêté municipal stipule que des secteurs peuvent être temporairement fermés en cas de détection avérée de chenilles processionnaires.
Les chenilles processionnaires, bien que nuisibles, ne sont pas les seules à poser problème. La chenille du bombyx à cul brun, qui présente des caractéristiques similaires, n’est pas considérée comme nuisible, bien qu’elle soit également urticante.
Les chenilles processionnaires continuent leur avancée, et leur présence pose des défis pour la santé publique et la sécurité des animaux domestiques.
Source : Reporterre.
