La Suède en quête d’un nouveau leader de gauche pour l’Europe
La Suède pourrait bientôt se doter d’un nouveau leader pour la gauche européenne, alors que les sondages anticipent un retour au pouvoir de l’ancienne Première ministre Magdalena Andersson et de ses sociaux-démocrates lors des élections prévues le 13 septembre. Ce retour marquerait un tournant pour le centre-gauche européen, qui ne compte actuellement que trois représentants au Conseil européen.
Cette dynamique intervient dans un contexte de division croissante parmi les progressistes européens, particulièrement sur la question de l’immigration. La récente crise de Ceuta a mis en lumière ces divergences, Mette Frederiksen, Première ministre danoise, accusant son homologue espagnol Pedro Sánchez d’attirer des migrants avec des politiques jugées trop permissives.
Margot Wallström, ancienne vice-présidente de la Commission européenne, a souligné que bien qu’Andersson puisse apprécier les initiatives de Sánchez, elle serait plus encline à adopter une approche similaire à celle du modèle danois. Elle espère qu’Andersson pourra jouer un rôle de « bâtisseuse de ponts » entre les différentes factions de la gauche européenne.
Andersson a déjà reconnu des erreurs dans la gestion des flux migratoires, déclarant que la Suède avait « tort » d’avoir mis en place l’un des systèmes d’asile les plus généreux d’Europe. En 2015, la Suède avait enregistré environ 163 000 demandes d’asile, alors que plus d’un million de réfugiés et de migrants affluaient en Europe.
L’opinion publique suédoise a également évolué, un sondage de YouGov révélant que 73 % des Suédois estiment que l’immigration a été trop importante au cours de la dernière décennie. Wallström a défendu l’approche de l’époque, tout en reconnaissant que la Suède avait fait preuve de naïveté en espérant un partage équitable des responsabilités migratoires au sein de l’UE.
Les partenaires de coalition potentiels d’Andersson, tels que le Parti vert et le Parti du centre, pourraient l’orienter vers des positions plus libérales sur l’immigration, ce qui pourrait la différencier de Frederiksen.
Source : Euractiv



