Notre ARS a pris le virage de l’approche partenariale
Les relations entre les agences régionales de santé (ARS) et les élus locaux ont été profondément impactées par la crise sanitaire de la Covid-19. Selon Denis Robin, cette période a intensifié les interactions entre ces deux entités, leur permettant de mieux se connaître et de mieux se comprendre. Toutefois, la pandémie a également aggravé la dégradation de l’offre de soins, avec des départs de professionnels de santé de l’hôpital public et une pression accrue de la population sur les élus, soulignant le besoin d’une ARS plus proche d’eux.
Véronique Garnier souligne que cette crise a marqué un tournant, mettant en avant l’importance des questions de santé dans les politiques locales. Les collectivités, notamment les communes, ont joué un rôle clé en mobilisant leurs ressources pour informer la population et établir des centres de dépistage et de vaccination. Bien que les débuts aient été critiqués, de nombreux maires estiment que les relations avec l’ARS se sont améliorées, devenant plus équilibrées.
Attentes des élus envers l’ARS
Les élus locaux expriment des attentes variées envers l’ARS, reflétant la diversité des territoires et des situations. Garnier note que, dans le contexte post-électoral actuel, les nouveaux élus sont confrontés à des questions récurrentes sur l’accès aux soins, un domaine qui ne relève pas toujours de leur compétence directe. Ils recherchent des interlocuteurs dédiés, capables de les soutenir stratégiquement et opérationnellement.
Rendre lisibles les politiques de santé
Robin évoque la transformation du conseil de surveillance en conseil d’administration, où les représentants des collectivités occupent désormais près de la moitié des sièges. Ce changement oblige l’ARS à communiquer sur des sujets de fond et à intégrer le point de vue des élus dans ses délibérations. Les interactions avec les Conseils territoriaux de santé ont également été repensées pour inclure des projets concrets où l’avis des élus est sollicité.
Territorialisation et approche partenariale
La territorialisation est essentielle pour l’ARS Île-de-France. Elle se traduit par la reconnaissance du directeur départemental comme interlocuteur unique et par une répartition de 10 % du fonds d’intervention régional entre les départements. Cette approche permet de financer des actions locales sans intervention régionale, favorisant ainsi un dialogue efficace avec les élus.
Enjeux de santé-environnement
La santé-environnement est devenue un enjeu crucial pour les collectivités, qui sont majoritairement engagées dans la transition écologique. Garnier souligne l’importance d’intégrer ces préoccupations dans les décisions politiques, car les communes peuvent agir directement sur leur cadre de vie. Cependant, elles manquent souvent des ressources et des expertises nécessaires pour mener à bien ces initiatives.
Accès aux soins en Île-de-France
Les inégalités en matière d’accès aux soins demeurent préoccupantes en Île-de-France, malgré une apparente meilleure dotation par rapport à d’autres régions. Robin insiste sur la nécessité d’une attractivité financière ciblée pour les professionnels de santé, tandis qu’une enquête de l’AMIF révèle que 91 % des maires franciliens estiment que l’accès aux soins continue à se dégrader, avec environ 3 millions de Franciliens sans médecin traitant.
Les élus locaux continuent de chercher des solutions pour améliorer l’accès aux soins, en mettant en place des initiatives pour rendre leur territoire plus attractif pour les professionnels de santé.
Ressources pour les élus
L’Agence régionale de santé Île-de-France a élaboré des fiches pratiques, en collaboration avec l’AMIF, pour aider les élus dans leurs démarches liées à la santé. Ce guide offre des repères concrets pour agir sur l’accès aux soins, la santé publique et le médico-social.
Source : Denis Robin et Véronique Garnier, entretiens sur l’impact de la crise sanitaire sur les relations entre élus et ARS.