Procès de Meta :

Mark Zuckerberg dans le viseur d’un procès sur les dangers des plateformes de Meta pour les adolescents

Depuis le 18 août 2026, Meta, la maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp, est jugée devant le tribunal fédéral d’Oakland, en Californie. Ce procès, qualifié de moment « Big Tobacco », fait écho aux litiges historiques contre l’industrie du tabac dans les années 1990, mettant en lumière la connaissance des risques par les entreprises et leur volonté de dissimulation. Au centre de cette affaire se trouve Mark Zuckerberg, PDG de Meta, accusé de négligence face aux dangers que ses plateformes représentent pour les jeunes.

Meta est accusée d’avoir rendu ses applications addictives pour les adolescents et d’avoir collecté des données d’enfants de moins de 13 ans sans le consentement parental, en violation du Children’s Online Privacy Protection Act (COPPA). Les procureurs affirment que la société était consciente des risques liés à ses plateformes tout en en minimisant les effets néfastes.

La plainte a été déposée par 29 États, dont la Californie, le Colorado, le Kentucky et le New Jersey. « La santé et le bien-être des enfants sont une responsabilité partagée », a déclaré Megan O’Neill, procureure adjointe de Californie. « Meta n’a pas fait sa part. »

Le procès devrait durer entre six et huit semaines, avec des demandes de dommages-intérêts s’élevant à 1 400 milliards de dollars, bien que les avocats évoquent plutôt une somme proche de 200 milliards en réalité. Au-delà des compensations financières, les procureurs souhaitent également que l’entreprise modifie la conception de ses produits.

Arturo Béjar, un ancien ingénieur sécurité chez Meta, a été le premier témoin à accuser directement Zuckerberg. « Seul un homme avait le pouvoir de changer cette culture. Le PDG Mark Zuckerberg. Mais il ne l’a pas fait », a-t-il affirmé. Béjar a rapporté avoir alerté Zuckerberg à plusieurs reprises sur des contenus nuisibles sur les plateformes, sans jamais recevoir de réponse.

Sa motivation personnelle est née d’une expérience vécue par sa fille adolescente, qui avait reçu des messages inappropriés sur Instagram. Des enquêtes internes menées par Béjar ont révélé que 51 % des adolescents interrogés avaient vécu une expérience nuisible dans la semaine précédente, tandis que le contenu problématique n’était retiré que dans 0,02 % des cas.

Les procureurs s’appuient sur des documents internes de Meta, y compris une présentation de 2019 qui indiquait que « nous aggravons les problèmes d’image corporelle pour une adolescente sur trois ». Une étude de 2020 a révélé que 32 % des adolescentes mal dans leur corps se sentaient pires après avoir utilisé Instagram, et 13 % des utilisatrices britanniques ayant des pensées suicidaires reliaient ces pensées à l’application.

Meta rejette ces accusations. Dans sa déclaration liminaire, l’avocat de l’entreprise a reconnu que certains utilisateurs peuvent rencontrer des difficultés avec les réseaux sociaux, mais a affirmé que Meta a mis en place des outils pour y remédier. Il a également rappelé que l’entreprise n’autorise pas les moins de 13 ans à s’inscrire et a désactivé plus d’un million de comptes d’utilisateurs de cet âge.

Les semaines à venir détermineront ce que Zuckerberg et les dirigeants de Meta savaient des dangers de leurs plateformes et ce qu’ils ont choisi d’en faire. Ce procès soulève des questions essentielles sur l’équilibre entre la rentabilité des entreprises technologiques et la protection de la santé mentale des jeunes utilisateurs.

Source : La Dépêche.

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