Un herbier de mots – sur Venise, millefleurs de Ryoko Sekiguchi
Par Fabrice Gabriel
Ryoko Sekiguchi, auteure japonaise résidant à Paris, publie Venise, millefleurs, une œuvre qui cherche à renouveler la représentation de la ville de Venise, souvent décrite par des voix masculines. À partir de la découverte d’un herbier du début du XIXe siècle, elle propose une vision florale et féminine de la Sérénissime, intégrant des témoignages d’habitants pour créer une mosaïque d’inventivité.
Sekiguchi, connue pour son approche inclassable et son goût pour l’originalité, s’attaque à un défi littéraire ambitieux. Dans les premières pages de son livre, elle exprime ses doutes face à la pression d’écrire sur une ville déjà largement explorée. Elle souligne : « Je ne suis qu’au tout début du projet, les idées flottent. D’autant que, pour ainsi dire, tout a déjà été écrit sur Venise. La pression est grande. Je ne sais pas si mon intuition est la bonne. »
L’intuition de Sekiguchi vise à revivifier une tradition d’évocations souvent masculines. Son livre évoque une Venise vivante, presque végétale, tout en restant fidèle à son histoire. En partageant ses interrogations, l’auteure engage le lecteur dans une réflexion sur la ville et son héritage.
Ce projet littéraire s’inscrit dans une tendance plus large de réévaluation des voix féminines dans la littérature, cherchant à équilibrer les récits dominants. Venise, millefleurs pourrait ainsi contribuer à enrichir la compréhension de cette ville emblématique, tout en offrant une perspective nouvelle et délicate.
Source : AOC


