Affiches de Robert Ménard à Béziers : « On aime les taureaux, pas leur torture, on respecte les victimes, pas leurs bourreaux, et vous ? »
Les récentes affiches de la Ville de Béziers, signées par l’équipe du maire Robert Ménard, suscitent de vives réactions. Les slogans provocateurs, tels que « On aime la messe, on aime les femmes, on aime les toros, on aime les flics, et vous ? » et « Et, au fait, on aime aussi Sardou et la Marseillaise ! », ont été largement discutés sur les réseaux sociaux et dans les lieux publics de la ville.
Le 20 août, en réponse à cette campagne, l’association animaliste Futur a collé sa propre affiche parodique dans plusieurs zones du centre-ville, notamment sur des abribus et des murs. Le message affiché était : « On aime les taureaux, pas leur torture, on respecte les victimes, pas les bourreaux, et vous ? »
Louis, chargé d’enquêtes au sein de l’association, a déclaré que le maire avait choisi « l’agressivité et la provocation au détriment de l’éthique » en soutenant la tauromachie et en qualifiant les défenseurs des animaux de « sinistres animalistes ». Il a ajouté que l’affichage parodique visait à rappeler que « la majorité des citoyens rejette la torture taurine », tout en incitant les Biterrois à s’interroger sur la légitimité de cette tradition, en contradiction avec l’article 521-1 du Code pénal qui prohibe les sévices graves envers les animaux.
Sur le plan juridique, la corrida est inscrite comme un acte incriminé par le Code pénal, mais bénéficie d’une exemption sous certaines conditions : elle doit s’inscrire dans une tradition locale et ne pas avoir été interrompue dans la zone concernée, ce qui est le cas à Béziers.
La réaction du maire à cette parodie a été inattendue. Robert Ménard a exprimé un soutien à la liberté d’expression, affirmant qu’être parodié était le signe d’un certain impact. Il a précisé qu’il ne défendait pas la corrida par goût personnel, mais parce que les gens ont le droit d’aimer ce qu’il n’aime pas.
Julien Rader, représentant de l’union locale CGT, a également réagi, dénonçant les propos du maire qui, selon lui, insultent ceux qui ne partagent pas ses opinions. Il a souligné que ces déclarations renvoient une vision rétrograde de la femme.
Cette situation met en lumière les tensions autour de la tradition taurine à Béziers, une ville où la corrida est profondément ancrée dans la culture locale.
Source : Midi Libre



