Cyberattaques : la création d’une nouvelle unité cyber interroge les spécialistes
Après une série d’attaques ayant ciblé plusieurs administrations, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé la création d’une « nouvelle unité cyber » pour renforcer la réponse de l’État. Cette initiative vise à constituer, sous l’égide du Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDSN) et de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), une équipe capable d’intervenir immédiatement après la compromission d’un accès sensible.
Cette décision fait suite aux cyberattaques récentes qui ont touché Bercy et le ministère de l’Éducation nationale, suscitant des interrogations sur l’efficacité des mes précédemment mises en place. Sébastien Lecornu a exprimé son souhait de ne plus « découvrir la lune à chaque cyberattaque », soulignant la nature « massive, organisée et hybride » des menaces actuelles, où États, réseaux criminels et hackers isolés interagissent.
Le Premier ministre a précédemment lancé un plan d’urgence comprenant 40 actions et mobilisé 200 millions d’euros pour renforcer la cybersécurité. La nouvelle unité de première intervention devra être opérationnelle dans un délai de trois jours après sa création, avec pour mission de rester active jusqu’au rétablissement complet des systèmes affectés.
Cependant, cette annonce soulève des questions parmi les experts. Clément Domingo, hacker éthique, a rappelé que l’ANSSI et d’autres structures, comme le Commandement cyber, existent déjà. Il s’interroge sur la finalité de cette nouvelle unité, sa durée et son autorité.
Sébastien Lecornu a également évoqué l’importance d’une culture de discipline en matière de cybersécurité, incluant l’hygiène numérique et la détection précoce des menaces. Toutefois, aucune mention n’a été faite concernant la transposition de la directive européenne NIS2, qui aurait pu renforcer la sécurité des administrations sensibles à partir de 2024.
Enfin, l’absence de réaction d’Emmanuel Macron, président de la République, sur ce sujet crucial soulève des interrogations sur l’engagement du gouvernement face à la menace cybernétique.
Source : La Dépêche



