Problèmes éthiques généralisés dans les publications scientifiques de l’IHU de Marseille
Des chercheurs ont examiné près de 2 700 publications scientifiques provenant de l’institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses (IHU-MI) de Marseille, anciennement dirigé par Didier Raoult. Ils ont constaté des « problèmes d’ordre éthique ou juridique » dans 853 d’entre elles.
Constat alarmant
L’étude, publiée le 12 août 2026 dans la revue Research Integrity and Peer Review, révèle que « des problèmes généralisés et de longue date en matière de conformité à l’éthique de la recherche » existent au sein de la bibliographie de l’IHU-MI. Les chercheurs, incluant Fabrice Frank et Elisabeth M. Bik, ont analysé des travaux réalisés entre 1994 et 2024, identifiant des lacunes significatives dans les autorisations éthiques nécessaires pour mener des recherches sur des humains.
Détails de l’analyse
Sur les 2 674 publications examinées, 343 ne mentionnent aucune autorisation éthique, tandis que 194 décrivent des recherches effectuées à l’étranger sans autorisations locales. De plus, au moins 75 articles présentent des autorisations rétrospectives, délivrées après que les essais cliniques aient été menés, ce qui va à l’encontre des protocoles établis par les comités de protection des personnes (CPP).
Réactions et conséquences
Pierre-Edouard Fournier, actuel directeur de l’IHU, a déclaré qu’aucun manquement en matière d’intégrité scientifique n’avait été relevé depuis la mise en place de nouvelles recommandations. Cependant, les auteurs de l’étude ont noté que 64 rétractations et 270 déclarations d’inquiétude avaient été publiées par divers éditeurs concernant les travaux de l’IHU.
Cette situation soulève des questions sur la validité des recherches menées à l’IHU, particulièrement celles liées à l’hydroxychloroquine, un traitement controversé pour le Covid-19, ayant fait l’objet d’une information judiciaire en 2023 pour des essais jugés « sauvages ».
Source
Franceinfo.



