C’est fou que les vols clandestins aient le dernier mot
À Strasbourg, les vols de drones autour de la prison de l’Elsau perturbent l’atterrissage nocturne des hélicoptères de secours à l’hôpital de Hautepierre. Depuis trois semaines, les vols médicaux sont redirigés vers le Nouvel Hôpital civil par me de précaution. Cette situation suscite l’exaspération des soignants et met en lumière les défis de la lutte anti-drones pour les autorités pénitentiaires et policières.
La préfecture du Bas-Rhin a annoncé que les hélicoptères de la Sécurité civile et du Samu ne peuvent plus se poser la nuit sur l’hélistation de Hautepierre depuis début août. Bien qu’aucun incident de collision n’ait motivé cette décision, elle vise à garantir la sécurité des équipages face aux drones illégaux. Cependant, cette situation a des conséquences graves pour les Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS), où ces intrusions risquent de retarder la prise en charge des patients. La direction a déclaré plusieurs événements indésirables graves (EIG) en raison des risques encourus.
Les patients sont désormais transférés par ambulance du Nouvel Hôpital civil vers Hautepierre, ce qui allonge le temps de trajet pour des victimes de traumatismes graves. La préfecture et l’hôpital envisagent une zone d’atterrissage alternative, notamment un terrain de football au nord de Hautepierre.
Cette modification des procédures engendre un sentiment d’abandon parmi le personnel de sécurité. Ève Donas, déléguée syndicale, souligne que le service de sécurité se sent désarmé face à cette situation, ajoutant : « C’est assez fou que finalement les vols clandestins aient le dernier mot. »
Les drones, qui ne ciblent pas l’hôpital mais la maison d’arrêt de l’Elsau, sont souvent pilotés depuis les quartiers nord de Strasbourg. Sylvain André, du syndicat Alliance Police, confirme que ces appareils traversent l’axe d’approche des hélicoptères de secours lors de leurs trajets vers la prison. Franck Rassel, du syndicat FO Justice, évoque un survol de la maison d’arrêt entre cinq et six fois par jour ou nuit, avec des livraisons de drogue, nourriture et téléphones portables aux détenus.
Bien que l’administration pénitentiaire dispose de systèmes électroniques pour contrer ces survols, la technologie évolue plus rapidement que les équipements de l’État. Rassel souligne que les drones sont en avance sur les brouilleurs disponibles. Les forces de l’ordre doivent mener des investigations au sol pour identifier les pilotes, qui font preuve de discrétion pour échapper aux contrôles.
Récemment, deux jeunes hommes ont été interpellés et condamnés à un an et demi et six mois de prison ferme pour avoir fait voler des drones au-dessus de la prison. La préfecture as que cette problématique est suivie de près par les forces de sécurité intérieure, et une enquête est en cours.
La direction des Hôpitaux universitaires de Strasbourg a prévu un point de situation officiel pour alerter sur la gravité de ces intrusions aériennes.
Source : France 3 Alsace



