Marseille : « Est-ce qu’on va dormir dans la rue ? »
Dans le 3e arrondissement de Marseille, une situation préoccupante se dessine pour près de 80 personnes de la communauté Roms vivant dans le squat Busserade. Ces familles, qui résident dans une ancienne caserne, sont menacées d’expulsion imminente, un recours à la force publique ayant été ordonné pour évacuer les lieux.
Les rues environnantes sont désertes en ce mois d’août, et l’ambiance paisible d’une rue piétonnisée, avec ses arbres et ses jeux pour enfants, contraste avec l’incertitude qui pèse sur les habitants du squat. Bianca, 35 ans, élève ses quatre enfants ici depuis deux ans. Elle déclare : « Personne ne s’occupe de nous ici, personne n’est venu nous expliquer qu’on allait être expulsé. Si on doit partir, est-ce qu’on va dormir dans la rue ? »
Contexte factuel
La situation juridique du squat est complexe. Les résidents affirment n’avoir pas été informés de l’ordonnance d’expulsion émise par le juge, ce qui les a empêchés d’être représentés par un avocat. Adam Borie, avocat et membre de la cellule « droit locatif » du syndicat des avocats de France, envisage de saisir le juge de l’exécution pour tenter d’annuler ou de suspendre cette expulsion, soulignant la présence d’enfants, de personnes âgées et malades.
La Ville de Marseille, contactée par 20 Minutes, rappelle que la préfecture est compétente en matière d’expulsions, mais as que des solutions de relogement sont envisagées après les évacuations. Cependant, les habitants se disent dans le flou. Mirela, mère de jeunes enfants, s’inquiète : « Si nous sommes relogés dans un hôtel, comment peut-on s’occuper d’eux, leur faire à manger ? »
Données ou statistiques
Depuis quinze ans, des familles sont régulièrement déplacées d’un terrain à un autre. Chaque évacuation est justifiée par des raisons de sécurité, mais les résidents affirment ne jamais recevoir de solutions durables. Selon des données de l’INSEE, la population de Marseille est d’environ 861 635 habitants, parmi lesquels une proportion significative vit dans des situations précaires.
Conséquence directe
Les expulsions ne semblent pas résoudre la problématique de l’habitat précaire, mais déplacent plutôt la misère, interrompant les parcours d’insertion des familles. Les membres de la communauté, ainsi que des associations locales, plaident pour un dialogue visant à trouver des solutions concertées permettant aux familles de rester dans leur quartier.
Source : 20 Minutes



