Les Etats-Unis déplacent du personnel au Moyen-Orient après des menaces iraniennes sur leurs bases

Les Etats-Unis déplacent du personnel au Moyen-Orient suite à des menaces iraniennes

Les Etats-Unis ont annoncé mercredi le déplacement d’une partie de leur personnel au Moyen-Orient après que Téhéran a menacé de frapper leurs bases militaires en cas de conflit, consécutif à un échec des négociations sur le nucléaire iranien.

Aziz Nasirzadeh, ministre iranien de la Défense, a déclaré : « Si un conflit nous est imposé, l’autre camp subira assurément plus de pertes que nous. » Il a ajouté que « leurs bases sont à notre portée » et que « les Etats-Unis devront quitter la région ». Les Etats-Unis disposent de plusieurs bases militaires à proximité de l’Iran, la plus importante étant située au Qatar.

Donald Trump a confirmé mercredi soir le déplacement de membres du personnel américain, précisant que la région pourrait devenir « un endroit dangereux » dans les jours à venir. Par ailleurs, des responsables américains ont indiqué que les effectifs de l’ambassade des Etats-Unis en Irak étaient réduits pour des raisons de sécurité.

L’agence de sécurité maritime UKMTO, gérée par la marine britannique, a publié une note d’information alertant sur « la montée des tensions » au Moyen-Orient, susceptible d’entraîner « une escalade des activités militaires avec un impact direct sur les marins ».

Depuis avril, l’Iran et les Etats-Unis, en désaccord depuis l’avènement de la République islamique en 1979, ont engagé cinq cycles de pourparlers sur le nucléaire sous la médiation du sultanat d’Oman. De nouvelles discussions sont prévues dimanche, selon l’Iran. Cependant, Donald Trump a exprimé son manque de confiance quant à la possibilité d’un accord, déclarant qu’ils « semblent tergiverser ».

Les deux pays tentent de s’accorder sur un texte qui empêcherait l’Iran de développer des armes nucléaires, en échange d’une levée des sanctions qui paralysent son économie. Les discussions portent notamment sur l’enrichissement d’uranium. Les Etats-Unis exigent que l’Iran y renonce totalement, ce que Téhéran refuse, affirmant son droit en vertu du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).

Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Iran est le seul Etat non doté d’armes nucléaires à enrichir de l’uranium à un niveau élevé de 60%, bien au-delà de la limite de 3,67% fixée par l’accord de 2015, dont les Etats-Unis se sont retirés en 2018.

L’Iran a récemment reçu une proposition d’accord des Etats-Unis, mais celle-ci n’a pas convaincu Téhéran, qui a qualifié l’offre de « 100% contraire » à ses intérêts. L’Iran a également annoncé qu’il soumettrait sa propre proposition dans les jours à venir, alors que l’AIEA tient une réunion à Vienne sur les activités nucléaires iraniennes.

Enfin, les Européens et les Etats-Unis ont soumis une résolution pour condamner « le non-respect » par l’Iran de ses obligations nucléaires, qui pourrait permettre de rétablir des sanctions onusiennes contre Téhéran, une clause prévue dans l’accord de 2015. L’Iran a menacé de réduire sa coopération avec l’AIEA si cette résolution était adoptée.

Source : AFP

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