Budget 2027 : Vers un gel partiel des pensions de retraites ?
Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a récemment évoqué la possibilité d’un gel partiel des pensions de retraite dans le cadre du budget 2027. Cette proposition, qui pourrait générer des économies substantielles, suscite de vives réactions politiques.
Alors que la présentation du projet de loi de finances approche, le débat sur les économies budgétaires s’intensifie. Roland Lescure a déclaré qu’il est nécessaire de « poser la question de la contribution des retraités aisés à l’effort de redressement », tout en insistant sur la nécessité de protéger les retraités les plus modestes.
Le mécanisme de sous-indexation pourrait consister à revaloriser certaines pensions de retraite à un niveau en deçà de l’inflation. Entre janvier 2022 et janvier 2026, les pensions de base ont été augmentées d’environ 15%. Ne pas revaloriser une partie de ces pensions en 2027, alors que l’inflation est attendue à environ 2%, pourrait permettre d’économiser jusqu’à 6 milliards d’euros, selon Philippe Juvin, rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale.
Toucher aux retraites, un exercice périlleux
Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a souligné que « rien n’est décidé à ce stade » mais que des efforts devront être consentis par tous les acteurs, y compris les retraités. D’après des sources, un gel complet des pensions semble peu probable, mais un scénario avec trois niveaux d’indexation est envisagé : un gel total pour les plus riches, une indexation modérée pour d’autres, et une revalorisation normale pour les petites retraites.
Historiquement, les tentatives de gel des retraites ont entraîné des turbulences politiques. L’initiative de François Bayrou en 2026, qui proposait un gel des pensions, avait fragilisé son gouvernement, tandis qu’une proposition plus modérée de son prédécesseur avait également suscité des oppositions fortes.
Un effort ciblé, la solution ?
Le gouvernement précédent avait déjà tenté de geler les pensions pour dégager des économies, mais la me n’avait pas été adoptée. L’idée d’un effort ciblé sur les retraités pourrait trouver un certain soutien parmi la gauche, à condition qu’elle s’inscrive dans une réforme plus large touchant d’autres domaines fiscaux.
Cependant, des voix s’élèvent contre cette approche. Éric Coquerel, président de la commission des Finances, a qualifié ces propositions de « recettes stupides », tandis que des figures politiques comme Thierry Breton et des membres du Rassemblement national ont exprimé leur opposition, affirmant que les retraités ne devraient pas être utilisés comme variable d’ajustement budgétaire.
Sources : LCP, Libération, Le Parisien.



