Anthropic, OpenAI et Google : La course à la conception de puces internes
Anthropic a annoncé, le 5 août 2026, la création d’une équipe dédiée à la conception de ses propres puces pour son modèle d’IA, Claude. Cette décision intervient après une série d’accords avec des fournisseurs de matériel, alors que la demande pour Claude Code a saturé les infrastructures existantes de l’entreprise. Cependant, développer ses propres puces ne signifie pas se libérer de la dépendance à Nvidia.
Une équipe silicium chez Anthropic, sans cahier des charges ni calendrier précis
L’information a été relayée par plusieurs médias, notamment Business Insider et TechCrunch. Un porte-parole d’Anthropic a précisé que l’objectif est de concevoir le matériel et les modèles simultanément pour améliorer l’efficacité de Claude. À court terme, l’entreprise continuera à utiliser des matériels d’AWS, Google, Nvidia et AMD dans le cadre d’une approche multi-puces. Anthropic recrute des experts pour sa « custom silicon team », avec des salaires variant de 320 000 à 485 000 dollars par an. Le projet, encore en phase de définition, pourrait impliquer des discussions avec Samsung et Microsoft.
L’inférence, clé de la rentabilité des puces sur me
La nécessité de concevoir des puces est liée à l’évolution de la charge de calcul. L’inférence, qui consiste à générer des réponses à partir d’un modèle déjà entraîné, est devenue une opération répétitive et prévisible, plus adaptée à des circuits dédiés que l’entraînement, qui est plus exploratoire.
OpenAI a été précurseur dans ce domaine, dévoilant le 24 juin 2026 le processeur Jalapeño, développé avec Broadcom, spécifiquement pour l’inférence. Cette démarche ne vise pas à concurrencer Nvidia, dont les GPU restent essentiels pour l’entraînement des modèles d’IA.
Contrainte d’approvisionnement : wafers, mémoire et électricité
Tous les acteurs, qu’ils conçoivent leurs propres puces ou non, se heurtent à des contraintes d’approvisionnement. Broadcom, par exemple, co-conçoit des accélérateurs pour plusieurs clients majeurs, dont Google et Meta. Les fabricants de mémoire, comme SK hynix, Samsung et Micron, sont limités en termes de production de HBM. AMD a récemment annoncé un partenariat avec Anthropic pour fournir 2 gigawatts de GPU, tandis que Nvidia a sécurisé son approvisionnement en mémoire pour un montant dépassant 500 milliards de dollars.
Impact sur le marché de la RAM
Cette intensification de la compétition a entraîné une hausse significative des prix de la mémoire. Selon TrendForce, les prix contractuels de la DRAM ont augmenté de 93 à 98 % au premier trimestre 2026. Les prévisions indiquent encore une hausse de 13 à 18 % pour le troisième trimestre 2026. Cette dynamique pourrait restreindre l’accès aux ressources pour les développeurs, qui devront naviguer dans un écosystème de plus en plus dépendant des plateformes spécifiques.
La question demeure : tous ces investissements en matériel trouveront-ils preneur dans un marché en évolution rapide ?
Source : Business Insider, TechCrunch, The Information, TrendForce



