Libye : La colère monte face aux coupures de courant illustrées par un black-out à Tripoli
Tripoli, la capitale libyenne, ainsi que plusieurs autres villes de l’ouest et du sud du pays, subissent un black-out total depuis le 15 août. Cette coupure de courant perturbe divers secteurs, notamment la distribution de l’eau, les communications, les usines et l’aéroport. Les coupures répétées d’électricité à l’ouest libyen suscitent une vague de colère et de critiques envers le gouvernement d’Abdelhamid Dbeibah, basé à Tripoli. La crise de l’électricité s’ajoute à d’autres crises économiques et sécuritaires qui affectent la vie quotidienne des Libyens. Face à cette situation chaotique, les interrogations se multiplient quant à la capacité de l’exécutif à gérer la partie du pays qu’il contrôle.
Le gouvernement Dbeibah fait face à des critiques croissantes. L’ancien ministre Issa al Touyjir a déclaré que « le pouvoir corrompu échoue » à gérer la crise, affirmant que l’exécutif « manque de sensibilité ou d’intérêt pour les souffrances des citoyens ». L’analyste politique Suleiman el Bayoudi affirme que l’incapacité du gouvernement à résoudre cette crise de l’électricité est « une preuve directe de son impuissance ». Mansour al Ahrash, président du syndicat des journalistes, souligne que ce gouvernement « défaillant » ne répondra pas aux questions des citoyens concernant les raisons des coupures de courant.
Les critiques s’étendent désormais au-delà des manifestations publiques, touchant certains responsables politiques qui s’expriment ouvertement. Remercier le directeur de la Compagnie nationale d’électricité est perçu comme « une fuite en avant du gouvernement ». Cette crise, en plus de ses dimensions économiques et sociales, revêt également une dimension politique. Elle a été précédée par plusieurs frappes de drones d’origine inconnue, visant des infrastructures vitales dans la ville de Zawiya.
Ces événements représentent un défi majeur pour l’initiative américaine visant à unifier le pays, qui cherche à maintenir les clans Dbeibah et Haftar, le maréchal contrôlant l’est libyen. La défiance croissante envers le gouvernement pourrait fragiliser ce plan, alors que la légitimité du pouvoir de ces deux clans est largement contestée par la population libyenne.
Source : RFI



