Interview de Jérémy Comte, réalisateur de Paradise
Jérémy Comte, le réalisateur du film Paradise, présente son œuvre comme un récit semi-autobiographique. Il explique avoir commencé ses recherches en 2016, accumulant plus de dix ans de travail. Ce film s’inspire d’une expérience personnelle marquante vécue à l’âge de dix-sept ans, centrée sur une perte ambiguë et un échappatoire face aux douleurs intérieures.
La collaboration avec son coscénariste Will Niava a été déterminante. Comte raconte qu’une connexion immédiate s’est établie lors de leur première rencontre, menant à plusieurs voyages au Ghana pour s’imprégner de la culture locale. Leur processus d’écriture a duré cinq ans, aboutissant à plus de trente-cinq versions de scénario, avec une attention particulière portée à la recherche documentaire pour garantir une représentation fidèle des réalités ghanéennes.
Le film se distingue par l’absence de manichéisme dans ses personnages. Comte souligne l’importance de montrer les dualités qui habitent chaque protagoniste, un défi constant durant l’écriture et le montage. Les projections tests ont permis d’obtenir des retours précieux sur la perception des personnages par le public.
Le tournage a également présenté des défis, notamment en raison des décors naturels contrastés entre le Québec et le Ghana. Comte et son directeur de la photographie, Olivier Gossot, ont développé un langage visuel distinct pour chaque lieu, intégrant des éléments culturels et esthétiques propres à chaque région.
Comte a structuré le film en trois chapitres, mêlant des genres variés tels que la chronique familiale, le drame social et le thriller, afin d’éviter de figer les personnages dans des rôles préétablis. Cette approche vise à refléter la complexité des relations humaines dans un monde divisé.
Concernant les jeunes acteurs, Daniel Atsu Hukporti et Joey Boivin-Desmeules, Comte a travaillé étroitement avec eux pour développer leurs personnages, intégrant des éléments d’improvisation et de partage d’expériences personnelles.
Enfin, Jérémy Comte a mentionné qu’il est actuellement en train de finaliser un nouveau long métrage, un drame écologique teinté de science-fiction, se déroulant dans la campagne québécoise.
Source : Gérard Crespo, Avoir Alire



