Des pompiers se concertent à Baugé-en-Anjou dans le Maine-et-Loire, où un feu de forêt brûle la végétation, le 10 août 2026. JEAN-MICHEL DELAGE/HANS LUCAS VIA AFP
Les pompiers français se mobilisent pour demander une réforme significative de leur financement. En effet, le 13 août, ils ont manifesté devant le ministère de l’Intérieur après une rencontre jugée insatisfaisante avec Laurent Nuñez. L’intersyndicale a annoncé une « mobilisation intensive » prévue pour fin septembre, avec des manifestations statiques à Paris, nommées les “colonnes de la révolte”.
La colère des pompiers est exacerbée par une saison estivale marquée par des incendies, ayant ravagé environ 120 000 hectares en France. David Saquet, représentant de l’Unsa Sapeurs-pompiers, a exprimé la frustration des professionnels, clamant qu’ils sont « à bout » et attendent des « engagements clairs ».
Les pompiers réclament des ressources accrues pour accomplir leur mission, ce qui nécessite une transformation de leur structure de financement. Ils demandent que l’État prenne en charge une part plus importante des coûts, actuellement majoritairement financés par les collectivités locales, et qu’un « recrutement massif de sapeurs-pompiers professionnels » soit initié. En réponse, le ministre Nuñez a promis un projet de loi de modernisation de la sécurité civile pour début septembre, mais les marges de manœuvre du gouvernement restent incertaines face à des contraintes budgétaires strictes.
« Sans les départements, le système ne tient pas »
Les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) sont principalement financés par les collectivités territoriales, à hauteur de 90%, dont 60% provient des départements. Le budget annuel de la sécurité civile s’élève à 5,6 milliards d’euros, avec une contribution de l’État qui a légèrement augmenté, passant de 450 millions d’euros en 2017 à 800 millions en 2026. Malgré cela, les départements alertent sur un point de rupture, évoquant une crise financière sans précédent, avec des dépenses sociales représentant près de 70% de leurs budgets.
François Sauvadet, président des Départements de France, a souligné la nécessité d’une réforme urgente du financement des SDIS, plaidant pour de nouveaux moyens, notamment aériens.
Plusieurs solutions de financement sont envisagées, telles que l’augmentation de la taxe de séjour ou l’introduction d’un impôt sur le bâti foncier. Les élus proposent également d’augmenter les recettes issues de la taxe spéciale sur les conventions d’assurance, arguant que la prévention des incendies réduit les indemnisations à verser par les asurs.
La majorité des pompiers professionnels sont des volontaires
Un autre enjeu majeur est le recrutement de pompiers professionnels, qui ne représentent que 17% des effectifs, les 78% restants étant des pompiers volontaires. Ces derniers, qui interviennent souvent après leur travail ou pendant leurs jours de congé, sont confrontés à des difficultés de disponibilité, surtout lors de crises prolongées comme celle de Gironde en juillet. Leur compensation horaire, variant entre 8,71 euros et 13,11 euros, ne couvre pas toujours leurs frais liés à leurs engagements.
Les moyens matériels et humains des pompiers doivent être adaptés aux nouveaux défis climatiques, a déclaré Ludovic Goblet, lieutenant au SDIS de la Somme, affirmant que les nouveaux équipements n’ont pas permis d’augmenter les capacités opérationnelles, mais ont simplement remplacé les anciens.



