Afghanistan. Cinq ans après l'arrivée au pouvoir des talibans, leurs partisans célèbrent dans la rue

Célébrations à Kaboul : Cinq ans après le retour des talibans au pouvoir

Des centaines de partisans des dirigeants talibans ont célébré samedi dans les rues de Kaboul le cinquième anniversaire de leur retour au pouvoir en Afghanistan. Sur un rond-point près de l’ex-ambassade américaine, une foule d’hommes et d’enfants, mais presque aucune femme, agitaient des drapeaux noir et blanc de l’Émirat islamique d’Afghanistan. L’ambiance était festive, avec des selfies et de la musique en fond sonore. Motos, bus, voitures et rickshaws ornés de drapeaux croisaient des soldats lourdement armés juchés sur des Humvee, véhicules abandonnés par l’armée américaine lors de son retrait en 2021.

Cependant, d’autres Afghans, notamment des femmes soumises à des « restrictions suffocantes » selon l’ONU, sont restés cloîtrés chez eux. Une femme de 35 ans, dont le mari a été tué par les talibans en 2021, a témoigné : « Une peine immense m’envahit. Pour arriver au pouvoir, ils ont rendu des milliers de femmes veuves et privé des milliers d’enfants comme les miens de père ».

Le 15 août 2021, les forces talibanes sont entrées à Kaboul sans résistance, entraînant la fuite du gouvernement. Des milliers d’Afghans ont tenté désespérément de fuir via l’aéroport, s’accrochant même à des avions au décollage. Le dernier soldat américain quittait l’Afghanistan le 30 août 2021, mettant fin à la plus longue intervention militaire des États-Unis.

Reconnu uniquement par la Russie, le gouvernement taliban affirme avoir amélioré la sécurité pour une population traumatisée par 40 ans de guerre. Zia Ahmad Takal, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a souligné que cela pourrait inciter les pays étrangers à investir. Toutefois, la Banque mondiale annonce une baisse du niveau de vie en raison du retour de plus de six millions d’Afghans d’Iran et du Pakistan.

La crise est aggravée par le réchauffement climatique et les conflits avec le Pakistan, qui ont causé la mort de centaines de civils et perturbé les échanges commerciaux. Près de 14 millions d’Afghans sont en situation de faim aiguë, selon l’ONU.

Les femmes afghanes, en particulier, subissent des restrictions sévères. Fiona Frazer, directrice pour les droits humains à la mission de l’ONU, souligne que les Afghans ont subi l’introduction de mes draconiennes dans presque tous les domaines de leur vie. L’Afghanistan reste le seul pays à interdire aux femmes de poursuivre des études secondaires ou universitaires. Zahra Joya, une journaliste ayant fui Kaboul, a déclaré que les femmes afghanes sont « abandonnées », appelant à la solidarité.

Deux hauts responsables talibans, dont leur chef suprême Hibatullah Akhundzada, sont visés par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour « persécution » des femmes.

Source : AFP

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *