Les policiers attendent la défense de Laurent Nuñez après la note de Gérald Darmanin sur les violences sexuelles sur mineurs
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé jeudi qu’il allait « répondre point par point » à la note adressée par Gérald Darmanin, ministre de la Justice, concernant le traitement des violences sexuelles sur mineurs par les forces de police et de gendarmerie. Cette note, qui a été révélée le 8 août, a soulevé de vives inquiétudes au sein des syndicats de police.
Datée du 29 juillet, la note de douze pages recense les « difficultés » rencontrées par les parquets dans le traitement des affaires de violences sexuelles sur mineurs. Elle a été rédigée dans le contexte de l’affaire Lyhanna, qui a mis en lumière des dysfonctionnements dans le suivi des plaintes. Gérald Darmanin a demandé aux magistrats et enquêteurs de reprendre « l’intégralité des plaintes qui touchent les enfants ».
Les rapports des magistrats évoquent des procédures en « total abandon », des dossiers « purement et simplement perdus », ainsi qu’un manque d’effectifs et de formation. Ces défaillances ont conduit à des accusations de « trahison » à l’encontre de Darmanin par certains syndicats de policiers.
Laurent Nuñez, lors d’un point-presse, a promis d’apporter des « réponses argumentées » aux observations formulées par chaque parquet général, soulignant la nécessité de rétablir certaines vérités et de poursuivre les efforts engagés depuis 2017. Il a également annoncé la création de 700 emplois pour la filière judiciaire, prévue pour 2027, et la revalorisation des indemnités pour les personnels concernés.
Le secrétaire général d’Unsa-Police, Thierry Clair, a précisé que les changements nécessaires prendront du temps, soulignant un malaise profond dans la filière. Jean-Christophe Couvy, secrétaire national du syndicat Un1té, a mis en avant l’engorgement des dossiers, indiquant que le volume de plaintes a augmenté sans moyens suffisants pour les traiter.
Laurent Nuñez a également évoqué une enquête dans les services pour vérifier les chiffres avancés dans la note de Darmanin, soulignant que « le problème de la justice, ce n’est pas la police ».
Alors que Gérald Darmanin a proposé une rencontre pour échanger sur ces problématiques, l’entourage du ministre de l’Intérieur a exprimé des réserves quant à cette date, préférant ne pas s’engager sur un calendrier précis.
Source : Franceinfo.



