Esclaves à Paris : Vies cachées et histoires fugitives
Miranda Spieler, historienne américaine spécialisée dans l’Empire français, publie un ouvrage intitulé Esclaves à Paris : Vies cachées et histoires fugitives, qui a été récompensé par le David Pinkney Prize 2025. Ce livre propose une exploration du Paris prérévolutionnaire, mettant en lumière la vie d’esclaves en quête de liberté.
Dans les années précédant la Révolution française, des esclaves originaires d’Afrique, des Caraïbes et de l’océan Indien se réfugient à Paris, espérant y trouver la liberté. La ville, symbole des Lumières, est perçue comme un havre de paix, contrastant avec les ports français, souvent associés au commerce d’esclaves. Bien que la France ait intégré ce commerce tardivement, elle est devenue, à la fin des années 1780, un acteur majeur sur le marché mondial, rendant la vie des esclaves fugitifs particulièrement périlleuse. Ces derniers faisaient face à des dangers tels que la dénonciation, les réseaux d’espionnage, ainsi que des arrestations et expulsions.
Les récits de ces vies clandestines sont révélés à travers un travail d’enquête minutieux, utilisant des archives variées, telles que des rapports de police et des correspondances privées. Miranda Spieler se concentre sur les parcours de cinq esclaves : Jean, Pauline, Lucidor, Julien et Ourika. En analysant leurs stratégies de survie, leurs relations avec des figures connues et les défis auxquels ils faisaient face, l’ouvrage offre une perspective enrichissante sur l’histoire de l’esclavage en France, remettant en question la vision traditionnelle du Paris aristocratique de la fin du XVIIIe siècle.
Miranda Spieler enseigne l’histoire et la politique à l’Université américaine de Paris et a précédemment publié Liberté, liberté trahie… Faire et défaire des citoyens français, Guyane 1780-1880 (Alma Éditeur, 2016).
Pour plus d’informations, consultez un extrait de l’ouvrage sur Actualitte.com.
Source : Fabula.org



