Où s’arrête le principe de l’utilisateur-payeur dans les écoles privées ?
Un adolescent du Collège Charles-Lemoyne a récemment exprimé son indignation face à la nécessité pour ses parents de payer 160 $ pour bénéficier d’un temps supplémentaire lors des examens du Ministère, comme prévu dans son plan d’intervention. Bien que ce montant soit clairement stipulé dans le contrat de services éducatifs, il remet en question la légitimité de lier l’accès à ce soutien à un défaut de paiement.
L’élève, qui a souhaité garder l’anonymat, soutient que menacer de retirer son « tiers temps » est inacceptable, arguant que cela représente un levier pour forcer les paiements. Il souligne que sans ce temps additionnel, son année scolaire pourrait être compromise.
Pierre Roy, directeur général adjoint de l’établissement, a rappelé que les écoles privées fonctionnent selon le modèle de l’utilisateur-payeur. Il a précisé que les 160 $ annuels ne couvrent pas les coûts réels associés à l’accompagnement des élèves à besoins particuliers. Il a également mentionné que plus de 40 % des élèves de l’école bénéficient de mes d’adaptation, ce qui rend ces frais nécessaires pour équilibrer le budget.
Roy a reconnu le sentiment de colère de l’élève, tout en insistant sur le fait que l’école n’a pas d’autre choix que de demander une contribution financière. Il a noté que les subventions gouvernementales ne couvrent qu’une faible partie des ressources engagées pour soutenir ces élèves.
À l’Externat Sacré-Cœur, les pratiques diffèrent : les frais d’adaptation sont répartis entre tous les parents, et l’établissement ne demande pas de paiement supplémentaire pour les plans d’intervention, accueillant ainsi tous les élèves, y compris ceux avec des besoins particuliers.
La Fédération des établissements d’enseignement privés (FEEP) a choisi de ne pas commenter cette situation, laissant chaque école libre de ses pratiques administratives.
Le ministère de l’Éducation n’a pas souhaité se prononcer sur la question de la facturation des services éducatifs accessoires.
Source : La Presse



