Les naines brunes : entre étoiles et planètes
À 5 600 mètres d’altitude, au sommet du Cerro Toco, au Chili, des astronomes ont entrepris une ascension pour tester les conditions atmosphériques en vue de la construction d’un télescope infrarouge. Ce stratovolcan surplombe le plateau de Chajnantor, où se trouve l’ALMA (Atacama Large Millimeter/submillimeter Array), l’un des plus grands réseaux de radiotélescopes.
L’astronomie infrarouge permet d’observer des objets célestes invisibles à l’œil nu, notamment les naines brunes, des objets situés à la frontière entre les étoiles et les planètes. Ces corps, découverts récemment, soulèvent encore de nombreuses questions sur leur origine et leurs caractéristiques. Environ 80 fois la masse de Jupiter, ces objets ne parviennent pas à initier la fusion de l’hydrogène, qui est le processus fondamental des étoiles.
En 2017, des chercheurs de l’université de Lisbonne ont révélé que les naines brunes sont presque aussi communes que les étoiles, présentes dans divers environnements, des pouponnières stellaires aux systèmes binaires. Certaines des naines brunes les plus proches de la Terre, comme Luhman-16 et WISE 0855-0714, se trouvent respectivement à 6,5 et 7,3 années-lumière. Malgré leur abondance, ces objets restent méconnus du grand public.
Les naines brunes émettent de la chaleur accumulée lors de leur formation, atteignant initialement des températures de 2 800 °C. Au fil des milliards d’années, elles se refroidissent et émettent principalement dans l’infrarouge, devenant invisibles à l’œil humain. Leur atmosphère, riche en hydrogène, permet la formation de diverses molécules, dont la vapeur d’eau.
Des études récentes ont montré que les naines brunes pourraient abriter des planètes. Bien que cette hypothèse n’ait pas encore été confirmée, de nombreux chercheurs travaillent à l’exploration de ces systèmes à l’aide de télescopes avancés, comme le télescope spatial James-Webb, prévu pour débuter ses observations en 2022.
Leurs caractéristiques et leur formation restent des sujets de recherche active, notamment sur la distinction entre celles qui se forment comme des étoiles et celles qui émergent dans des disques circumstellaires comme des planètes. Les naines brunes représentent ainsi un domaine fascinant qui pourrait enrichir notre compréhension de l’univers.
Source : Clémence Fontanive, Université de Berne



