Concilier enfant et boulot : plus facile pour les cadres que pour les classes populaires
Dans le monde du travail, les inégalités de genre se manifestent non seulement par des écarts de salaires, mais également par des disparités dans le taux d’emploi, particulièrement en fonction de la présence d’enfants au sein des ménages. Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), le taux d’emploi des hommes de 25 à 54 ans sans enfants est de 82 %, tandis que pour les femmes, il est identique. Cependant, lorsque des enfants sont présents, le taux d’emploi des hommes grimpe à 90,7 %, alors que celui des femmes chute à 77,6 %, un écart de plus de 13 points.
Cette situation se complique davantage dans les ménages où les emplois sont peu qualifiés. Dans les ménages mono-actifs d’employés ou d’ouvriers, le taux d’emploi des hommes est de 75 %, contre seulement 55 % pour les femmes, entraînant un écart de 20 points. À l’opposé, dans les ménages à dominante cadre, le taux d’emploi des hommes atteint 96 %, tandis que celui des femmes est de 91 %, montrant un écart moins marqué.
L’Insee souligne que la catégorie socio-professionnelle du ménage joue un rôle déterminant dans ces écarts. Dans les ménages à dominante cadre, les femmes, qu’elles soient cadres ou occupant des postes intermédiaires, affichent un taux d’emploi plus élevé. Les politiques publiques et d’entreprise semblent favoriser cette catégorie, avec une flexibilité d’organisation et des réductions du temps de travail plus accessibles. Ainsi, 66 % des femmes de ménages à dominante cadre peuvent choisir partiellement leurs horaires, contre seulement 20 % dans les ménages à dominante ouvrière.
En matière de garde d’enfants, 59 % des ménages à dominante cadre y recourent, contre 34 % dans les ménages à dominante ouvrière et 24 % dans les ménages mono-actifs d’employés ou d’ouvriers. De plus, 49 % des femmes en emploi affirment que la maternité a eu des conséquences sur leur carrière, alors que ce chiffre tombe à 30 % pour les hommes, 70 % d’entre eux considérant que cela n’a pas eu d’impact sur leur situation professionnelle.
Ces données mettent en lumière les inégalités persistantes qui existent dans la conciliation entre vie professionnelle et responsabilités familiales, accentuées par la catégorie socio-professionnelle des ménages.
Source : Insee.



