Le serval, félin star des réseaux sociaux, au cœur d’un trafic illégal
Le serval, un félin originaire d’Afrique subsaharienne, suscite un engouement croissant sur les réseaux sociaux, où des vidéos le montrant dans des foyers familiaux se multiplient. Ces images, souvent sans mise en garde, présentent ces animaux sauvages comme des animaux de compagnie, ce qui peut mener à des situations dangereuses.
En France, la détention d’un serval sans certificat de capacité est illégale, et les contrevenants s’exposent à des peines allant jusqu’à trois ans de prison et 150 000 euros d’amende. Pourtant, la législation varie selon les pays. En Russie et en Ukraine, par exemple, le serval est considéré comme un animal domestique, ce qui alimente la diffusion de contenus trompeurs sur les réseaux sociaux.
Mia Crnojevic, de l’ONG Ifaw France, souligne que ces vidéos banaliseront la possession d’animaux sauvages dans des milieux inadaptés, créant un faux sentiment de sécurité parmi ceux qui envisagent d’en adopter un. Cette tendance a vu une augmentation de la demande pour des petits félins, dont le serval, le caracal et le chat de Bengal.
Les annonces de vente de servals sont facilement accessibles en ligne, notamment en Europe de l’Est, où les prix peuvent atteindre jusqu’à 10 000 euros. Un contact direct via des plateformes comme Snapchat ou WhatsApp peut suffire pour finaliser une transaction, souvent sans documents légaux.
Le trafic de servals est exacerbé par la confusion avec le chat Savannah, un hybride entre un serval et un chat domestique. Bien que seuls les individus de cinquième génération puissent être légalement détenus en France, des faux papiers sont parfois fournis, trompant les acheteurs.
Les conséquences de cette situation sont préoccupantes. Les servals, souvent maltraités dans des conditions de captivité inadaptées, sont fréquemment abandonnés ou saisis par les autorités. Les refuges pour animaux, tels que l’établissement Tonga terre d’accueil, rapportent une augmentation des saisies, avec 45 servals recueillis depuis 2022.
La question se pose alors : le trafic de servals, même d’animaux nés en captivité, n’a-t-il pas des répercussions sur la survie de l’espèce ? Bien que le serval ne soit pas actuellement en danger, l’histoire montre que d’autres espèces ont été décimées par le trafic.
Pour contrer cette tendance, il est essentiel de sensibiliser le public sur les réalités de la possession d’animaux exotiques et de promouvoir des pratiques responsables.
Source : Reporterre


