Sécheresse.

Sécheresse : Les Cultures de Quinoa et Chia en Péril en Mayenne

Elles étaient censées s’adapter au manque d’eau. Après des semaines de sécheresse et plusieurs épisodes caniculaires, quinoa et chia peinent à tenir leurs promesses. En Mayenne, agriculteurs et transformateurs voient les récoltes menacées, avec des conséquences qui pourraient se faire sentir jusque dans les approvisionnements locaux.

Peu gourmand en eau et réputé adaptable aux climats secs, le quinoa est présenté comme l’une des cultures capables de s’adapter au changement climatique. Naturellement sans gluten, riche en protéines, en fibres et en minéraux, cette céréale a tout pour devenir une culture d’avenir. Pourtant, cet été, la sécheresse et les épisodes caniculaires mettent à rude épreuve les agriculteurs qui ont fait le pari de ces nouvelles cultures.

En Mayenne, sur la commune d’Ahuillé, Emilien Bourgault parcourt son champ en ce début du mois d’août. Après une longue période sans pluie et plusieurs épisodes de forte chaleur, le constat est amer. Si, en apparence, la culture a levé, la production, elle, est loin d’être au rendez-vous.

« Quand on effeuille, il n’y a presque pas de graines. Ça va faire des rendements minimes. »
— Emilien Bourgault, Agriculteur

À la chaleur s’ajoutent les attaques d’insectes. Les cassides se régalent des feuilles, indispensables à la photosynthèse. Puis, une fois celles-ci affaiblies, les insectes s’attaquent aux graines. « Cette période est dramatique, même pour ces plantes-là, » conclut Emilien.

À quelques kilomètres de là, même constat chez son voisin Thibaut Gigan. L’agriculteur nous présente tristement ses cinq hectares de chia, semés fin mai, qui peinent à émerger d’un sol crevassé par la sécheresse.

« Aujourd’hui, c’est une culture qui devrait faire 80 cm de haut et elle en fait à peine 15. S’il ne pleut pas dans les huit jours, cette parcelle sera totalement détruite. »

En bio, sans traitements phytosanitaires ni système d’irrigation perfectionné, ces cultures réputées résistantes n’ont pas résisté à cette interminable succession de vagues de chaleur.

Une situation exceptionnelle qui inquiète Vincent Seyeux, le gérant d’Agro Logic, une entreprise spécialisée dans le triage, le séchage et le conditionnement de graines bio. « Si nos agriculteurs ne récoltent rien, nous n’aurons rien dans l’usine et nous n’aurons rien à vendre auprès de nos consommateurs locaux, » souligne-t-il.

Chia, quinoa, graines de courge : les conséquences de cet été pourraient se faire sentir bien au-delà des parcelles. « Il y aura des pénuries cette année sur de nombreuses cultures et matières premières, » prévient-il. Des cultures considérées hier comme des alternatives face au manque d’eau pourraient ainsi, elles aussi, atteindre leurs limites face à des épisodes de chaleur et de sécheresse de plus en plus intenses.

Source : France 3 Régions

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