Dans Soudain de Ryûsuke Hamaguchi, Virginie Efira et Tao Okamoto réinventent le «care» avec l'art et la manière

L’art de la rencontre dans « Soudain » de Ryûsuke Hamaguchi

Le film « Soudain » de Ryûsuke Hamaguchi met en lumière la rencontre entre deux femmes, Mari et Marie-Lou, initiée par le fils de Mari, un garçon autiste qui participe à une pièce de théâtre. À travers cette œuvre, la dramaturge explore la notion de normalité et ses limites. Après une représentation, les deux femmes échangent sur des sujets variés, tels que les effets du capitalisme et le vieillissement de la population, tout en naviguant entre les sphères privée et professionnelle. Hamaguchi utilise des plans-séquences pour rythmer les 3h16 du film, alors que les dialogues deviennent de plus en plus personnels. Mari et Marie-Lou s’interrogent et s’éclairent mutuellement, révélant leurs émotions et leurs vulnérabilités. Cette connexion intime est d’autant plus poignante, car Mari souffre d’un cancer, tandis que Marie-Lou aspire à intégrer davantage de temps dans les soins aux personnes âgées.

Le film présente cette amitié naissante comme une fusion intellectuelle et émotionnelle, illustrant la profondeur des échanges entre les deux protagonistes. Les conversations se déroulent dans divers lieux, de la Bibliothèque nationale de France aux paysages du Japon. Virginie Efira, qui incarne Mari, et Tao Okamoto, qui joue Marie-Lou, offrent des performances remarquables, renforçant l’authenticité des dialogues, notamment grâce à la maîtrise du japonais par Efira.

« Soudain » n’est pas un film manichéen, bien que ses personnages soient parfois didactiques. Ils demeurent conscients de la fatalité qui les entoure, illustrant la finitude de la vie et l’impossibilité de changer un système oppressif. Pour retrouver un sens de la joie, Mari et Marie-Lou se tournent vers les petites choses de la vie quotidienne, soulignant l’importance de l’humanité dans leurs interactions.

(Source : Texte original)

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