Sécheresse : les éleveurs commencent à envoyer leurs bêtes à l’abattoir
La situation agricole en Bretagne s’aggrave rapidement, les éleveurs étant contraints de se séparer de leurs animaux en raison de la sécheresse prolongée. Laurent Kerlir, président de la chambre d’agriculture de Bretagne, souligne que certains éleveurs décapitalisent, c’est-à-dire qu’ils envoient leurs bêtes à l’abattoir plus tôt que prévu, faute de pouvoir les nourrir.
Depuis le début de juin, la pousse de l’herbe a cessé, mettant en péril les stocks d’hiver, particulièrement pour les systèmes d’élevage bio et ceux tout à l’herbe. Les éleveurs bio pourraient être amenés à demander l’accès à du fourrage conventionnel si leur approvisionnement s’épuise.
Concernant la récolte de maïs, les prévisions sont alarmantes. La récolte a cinq semaines d’avance sur le calendrier habituel, et sur certaines exploitations, une baisse des rendements de 40 % est attendue. La dégradation des rendements est telle que de nombreux terrains ne pourront pas produire de grain et seront ensilés pour nourrir les troupeaux laitiers.
Toutes les filières agricoles sont touchées, y compris celles des céréales d’hiver, qui affichent des baisses de rendement de 15 %. Les abattoirs sont débordés, alors que la consommation de viande bovine ne suit pas. Les agriculteurs demandent des mes d’accompagnement, y compris des financements adaptés et une souplesse réglementaire concernant les couverts végétaux.
Face à ces défis, la nécessité d’évoluer vers des modèles agricoles plus résilients est mise en avant. Bien que des alternatives soient à envisager, la culture du maïs, qui valorise bien l’eau, reste essentielle. Le moral des agriculteurs est au plus bas, affecté par une succession de crises sanitaires et climatiques.
Source : Le Télégramme



