Le Sénat colombien adopte une loi interdisant les mutilations génitales féminines
Le Sénat colombien a approuvé, le mercredi 10 juin, une loi interdisant les mutilations génitales féminines, pratiquées dans certaines communautés autochtones, après deux ans de discussions. Cette décision fait de la Colombie le premier pays d’Amérique latine à se doter d’une législation spécifique sur ce sujet.
L’ablation totale ou partielle du clitoris, qui peut entraîner hémorragies, infections et parfois même la mort, constitue une violation des droits fondamentaux des fillettes, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le texte doit encore être validé par le président de gauche Gustavo Petro et prévoit des mécanismes pour la prévention et la prise en charge de ces mutilations, souvent pratiquées sur des nouveau-nés dans certaines communautés.
Aucun chiffre officiel n’existe, mais des estimations indiquent que des centaines de filles sont victimes d’excision dans les montagnes du département de Risaralda, territoire des peuples embera chami et katio. Entre 2020 et 2025, 204 excisions ont été rapportées en Colombie, selon l’ONG Equality Now, bien que le nombre réel soit probablement plus élevé.
Les origines de cette pratique en Colombie demeurent incertaines, mais certaines hypothèses évoquent des croyances africaines transmises au cours de la colonisation. Mercredi, des pancartes « Petites filles sans ablation » ont été placées par des élus sur leurs sièges au Sénat, témoignant de l’engagement croissant contre cette pratique.
Source : RFI
