Dans la commune de Mouthiers-sur-Boëme, l’entreprise Lippi qui fabriquait des clôtures vient d’être placée en liquidation judiciaire. Une cinquantaine de personnes perdent leur emploi et les habitants de ce petit village voient un fleuron de leur territoire disparaître.
Signe tangible que l’industrie française connaît des difficultés, l’entreprise emblématique Lippi vient d’être placée en liquidation judiciaire après 43 ans d’existence. La décision du tribunal de commerce d’Angoulême est lourde de conséquences : une cinquantaine de personnes se retrouve désormais sans emploi.
Dans la commune de Mouthiers-sur-Boëme, où se trouve l’usine de portails, les habitants sont sous le choc. Un habitant témoigne : « Mouthiers, c’est un petit village sympa, Lippi, c’était quelque chose, c’était une institution. » Un couple passant à proximité des grilles ajoute : « Nous, on connaît Lippi parce qu’on a pu prendre des clôtures chez eux, on a toujours été satisfaits. »
Dans le village qui compte près de 2 400 habitants, les conséquences économiques de la fermeture de Lippi inquiètent. La perte d’une cinquantaine d’emplois est de mauvais augure, alors que l’entreprise a joué un rôle important pour le dynamisme local.
Le maire, Rémi Humbert, regrette cette situation : « On connaît tous quelqu’un qui a travaillé ou qui travaille encore pour Lippi. C’était une entreprise qui a contribué au rayonnement et au développement de Mouthiers-sur-Boëme, des gens qui se sont installés, des familles entières, des générations qui ont aussi travaillé au sein de cette entreprise. Donc c’est une partie de l’histoire locale qui disparaît. » L’édile réfléchit à la manière de sauvegarder au moins le vaste site industriel, soulignant que « cela laisse un grand vide. »
Pour les salariés, dont la moyenne d’âge est de 43 ans, l’avenir est incertain. Un plan de sauvegarde de l’emploi est en cours, mais il est loin de les rasr. Pascal Derand, employé depuis 20 ans, déclare : « Je pense que ça va être difficile de retrouver du travail, vu l’âge qu’on a. »
Italo-Max Colonna, secrétaire du CSE et salarié depuis plus de 15 ans, exprime sa tristesse face à la situation : « Il y a des hommes et des femmes qui restent sur le carreau. On a fait des économies, des sacrifices. On coule ensemble. Ce n’est pas la faute de notre patron, ni des collaborateurs qui ont tout fait pour s’en sortir. »
L’ancien codirecteur de Lippi, Julien Lippi, souligne qu’il s’est battu jusqu’au bout pour sauver l’entreprise. En 2023, 300 personnes étaient encore employées sur le site, et l’entreprise connaissait une croissance de 30 %. Cependant, une succession de crises, notamment la crise de l’acier et la guerre en Ukraine, a gravement affecté l’entreprise. « L’augmentation des taux a laminé tout le secteur du bâtiment et travaux publics, » déclare-t-il. « Nous n’avons plus la capacité de faire face. »
La fermeture de Lippi illustre les défis auxquels fait face l’industrie en France, un secteur déjà en difficulté, et laisse présager des répercussions durables pour la communauté locale.
Source : France Télévisions



