Sécheresse : Les Vert’libéraux plaident pour une gestion nationale de l’eau
Alors que la canicule s’apprête à faire son retour et que la sécheresse atteint un niveau de danger maximal dans toute la Suisse, les Vert’libéraux réclament une stratégie nationale pour préserver les ressources en eau. Dans la SonntagsZeitung, le président du parti, Jürg Grossen, a exprimé la nécessité d’un débat urgent sur la canicule lors de la session d’automne du Parlement, une demande qui devrait recevoir le soutien des Vert.e.s et des socialistes.
Dans une motion qui pourrait être discutée dès septembre, le Parti Vert’libéral appelle à l’élaboration d’une stratégie nationale de gestion de l’eau pour mieux se préparer aux futures périodes de sécheresse.
Les Vert’libéraux souhaitent augmenter les réserves d’eau en créant de nouveaux réservoirs là où les glaciers fondent et en utilisant davantage les barrages pour réguler les crues. Avec la fonte des glaciers, l’eau s’écoule de la montagne vers la plaine, rejoignant rivières, lacs et fleuves, pour finalement quitter la Suisse sans avoir été pleinement exploitée. Cette eau pourrait être utilisée pour l’irrigation des cultures, l’approvisionnement en eau potable des villages ou le bétail dans les alpages. Le parti demande également à pouvoir utiliser une partie de l’eau des barrages actuels, qui est actuellement réservée à la production d’électricité en hiver.
Selon Stuart Lane, professeur à la Faculté des géosciences et de l’environnement de l’Université de Lausanne, la Suisse possède toutes les capacités techniques pour mettre en œuvre ces propositions. « C’est une question politique », a-t-il déclaré dans l’émission Forum. L’idée de nouveaux barrages pour créer des réserves d’eau est également bien accueillie par l’UDC, le conseiller national fribourgeois Nicolas Kolly qualifiant l’idée « d’excellente ».
Cependant, stocker davantage d’eau en altitude nécessite de repenser la gestion de l’eau de manière plus globale. Actuellement, cette gestion est pilotée par les cantons et les communes. Déléguer une partie de cette responsabilité à la Confédération pourrait être un sujet de discussion, tout comme la priorisation des ressources en cas de sécheresse. Stuart Lane a recommandé une analyse globale pour éviter que certains utilisateurs ne soient lésés, soulignant que « l’eau stockée en amont peut être perdue en aval », ce qui affecterait les agriculteurs et les écosystèmes en aval.
Si une partie des réserves des barrages était utilisée pour irriguer l’agriculture plutôt que pour produire de l’électricité en hiver, cela nécessiterait un nouveau cadre légal. Les Vert’libéraux comptent profiter de l’été sans pluie pour lancer ce débat.
Source : SonntagsZeitung



