Découverte d’un « noyau dans le noyau » aux portes de Neptune
Une équipe de chercheurs de Princeton a identifié une nouvelle structure dans la ceinture de Kuiper, une région située au-delà de Neptune. Cette découverte révèle un anneau d’objets dont les orbites n’ont presque pas changé depuis la formation du système solaire, offrant ainsi une capsule temporelle cosmique qui pourrait dévoiler des secrets anciens.
Un cimetière de glace aux portes de l’inconnu
La ceinture de Kuiper, qui s’étend entre 30 et 50 unités astronomiques (UA) du Soleil, abrite des millions de débris glacés, vestiges de la formation des planètes. On y trouve des objets tels que Pluton, Makemake, Éris et Arrokoth, ce dernier ayant été visité par la sonde New Horizons. Plus de 3 000 objets y ont été catalogués, mais des centaines de milliers pourraient dépasser les 100 kilomètres de diamètre.
Une découverte qui date de 2011
La recherche sur la ceinture de Kuiper a débuté sérieusement en 2011, lorsque des astronomes ont découvert que cette région n’était pas homogène. Ils ont identifié plusieurs sous-populations d’objets, dont un groupe appelé le « noyau », situé autour de 44 UA du Soleil, avec des orbites presque circulaires et peu inclinées.
Un noyau dans le noyau
Récemment, l’équipe de Princeton, dirigée par Amir Siraj, a analysé 1 650 objets de la ceinture de Kuiper à l’aide d’un algorithme de classification. Leur étude a révélé un second amas distinct, nommé « noyau interne », situé à environ 43 UA du Soleil. Ce noyau interne se distingue par sa stabilité orbitale, avec des excentricités comprises entre 0,01 et 0,06, ce qui en fait une structure ancienne n’ayant pas subi de perturbations majeures.
Une fenêtre sur le passé primordial
Cette découverte pourrait avoir des implications significatives sur notre compréhension de la formation et de l’évolution du système solaire. Elle soulève des questions sur la migration des planètes géantes et les environnements interstellaires traversés par notre système solaire. Les chercheurs suggèrent qu’une migration saccadée de Neptune pourrait expliquer la formation de ces structures.
Attendre la confirmation
Malgré l’enthousiasme entourant ces résultats, il est important de rester prudent. L’étude n’a pas encore été évaluée par des pairs, et il est difficile de déterminer si le noyau interne est une structure distincte ou une extension de l’ancien noyau. Les futures observations, notamment celles du relevé LSST par l’observatoire Vera C. Rubin, devraient clarifier ces questions.
Cette découverte met en lumière une partie méconnue de notre système solaire, gardienne de secrets vieux de 4,5 milliards d’années.
Source : Science Post



