Violences sexuelles sur mineurs : le Syndicat de la magistrature critique Gérald Darmanin
Dans un courrier daté du 29 juillet, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a transmis à son homologue de l’Intérieur une note mettant en lumière des défaillances majeures dans la prise en compte des violences sexuelles faites aux enfants.
Justine Probst, secrétaire nationale du Syndicat de la magistrature, a déclaré le 7 août sur Franceinfo que l’on a l’impression que Gérald Darmanin « découvre l’état des services de police et de gendarmerie ». Elle a souligné que ce courrier ne révèle rien de nouveau, mais constate simplement des problèmes quotidiens rencontrés en juridiction. Probst a rappelé que Darmanin avait été ministre de l’Intérieur pendant quatre ans et avait reçu de nombreux rapports sur la crise judiciaire.
Les procureurs, après avoir visité des commissariats et gendarmeries, ont découvert un « stock fantôme » de dossiers non répertoriés, faute de transmission adéquate à la justice. Probst a expliqué que cette situation est due à de nombreux postes vacants et à l’absence de personnel pour enregistrer les procédures, ce qui entraîne des retards dans le traitement des affaires.
Depuis le 8 juin, 1 700 informations judiciaires ont été ouvertes, et 924 personnes ont été incarcérées pour des faits de violences sexuelles sur mineurs, selon un bilan du ministère de la Justice. Bien que Probst salue ces efforts, elle espère que la priorisation des dossiers de violences sexuelles s’inscrira dans la durée et ne sera pas un simple exercice de communication ministérielle.
La secrétaire nationale s’inquiète de savoir si, dans quelques mois, les priorités changeront à nouveau, soulignant que des moyens pérennes seront nécessaires pour traiter efficacement ces dossiers.
Source : Le Monde



