Pourquoi les crédits d’entreprises suisses pourraient être plus coûteux si UBS devait renforcer ses capitaux?

Pourquoi les crédits d’entreprises suisses pourraient être plus coûteux si UBS devait renforcer ses capitaux

La proposition d’augmenter les fonds propres durs d’UBS, également appelés CET1, pourrait avoir des répercussions sur le coût des crédits pour les entreprises suisses. Ces fonds sont essentiels pour une banque afin de faire face à d’éventuelles pertes et de maintenir sa stabilité en période de crise. Ils se composent principalement d’actions ordinaires et de réserves accumulées, permettant à l’établissement de continuer à fonctionner en cas de difficultés financières.

Les autorités fédérales, via la «Lex UBS», exigent qu’UBS dispose de fonds propres durs suffisants pour couvrir la totalité de la valeur de ses filiales à l’étranger. Cette me vise à éviter que, lors d’une crise majeure, les risques ne soient supportés uniquement par la maison mère en Suisse. Actuellement, UBS doit couvrir environ 45 % de la valeur comptable de ses filiales à l’étranger avec des CET1. Par exemple, si la valeur de sa filiale européenne diminue de 1 franc, seulement 45 centimes pourront être absorbés, laissant 55 centimes à la charge de la maison mère, ce qui pourrait la déstabiliser. La nouvelle proposition du Conseil fédéral transférerait ces risques sur les actionnaires de la banque, évitant ainsi que les contribuables ne soient mis à contribution, comme cela avait été le cas avec Credit Suisse.

UBS a connu une expansion significative à l’international, avec des filiales américaines devenant beaucoup plus importantes que ses entités suisses. Cette situation engendre un risque notable pour la maison mère en cas de difficultés. De plus, UBS est la seule banque systémique globale dont le bilan représente presque le double du produit intérieur brut du pays où elle est basée.

En conséquence, si UBS devait renforcer ses fonds propres, cela pourrait entraîner une augmentation des coûts de financement pour les entreprises suisses, les banques étant susceptibles de répercuter sur leurs clients le coût accru du capital requis.

Source : Informations basées sur les exigences réglementaires en matière de fonds propres bancaires.

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