Mortalité infantile : un rapport propose 24 mes pour mieux protéger les mères et les bébés
La mortalité infantile en France continue d’augmenter, suscitant l’inquiétude des autorités sanitaires. Dans un rapport publié le 5 août par l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), 24 recommandations sont avancées pour améliorer la situation. Ces mes visent à intervenir dès la grossesse, à mieux prendre en charge les nouveau-nés fragiles, et à réduire les inégalités d’accès aux soins. Les inspecteurs demandent également l’élaboration d’un nouveau plan stratégique de périnatalité pour la période 2027-2030, à mettre en place dès 2026.
Davantage de lits pour les nouveau-nés fragiles
L’IGAS souligne l’importance d’augmenter la capacité des services de néonatalogie. Il est préconisé de garantir au moins un lit de réanimation néonatale pour 1 000 naissances sur l’ensemble du territoire. Actuellement, ces capacités varient considérablement selon les régions, entraînant des situations de saturation dans certains services. Le rapport appelle également à renforcer la formation des pédiatres, des internes et des infirmières, tout en insistant sur la nécessité de fidéliser les équipes par de meilleures conditions de travail.
Repérer plus tôt les grossesses à risque
Le rapport insiste sur la prévention avant l’accouchement. Les femmes enceintes devraient bénéficier d’un dépistage renforcé pour détecter rapidement les pathologies maternelles et les grossesses à risque. L’IGAS propose de développer des démarches proactives, comme la relance systématique des femmes n’ayant pas assisté à certains rendez-vous médicaux. Les services de protection maternelle et infantile, ainsi que les sages-femmes, devraient jouer un rôle central pour atteindre les patientes éloignées du système de santé, en particulier dans les territoires ultramarins où la mortalité infantile est plus élevée.
Un accompagnement renforcé après la naissance
Le suivi des mères et des bébés ne doit pas s’arrêter à la sortie de la maternité. Le rapport recommande un meilleur accompagnement durant le premier mois après la naissance, une période critique où des complications peuvent survenir. Ce soutien doit inclure la surveillance de la santé des nouveau-nés et celle des mères, notamment sur le plan psychologique.
La fermeture des petites maternités n’est pas privilégiée
L’IGAS ne recommande pas la fermeture généralisée des petites maternités, considérant que les réorganisations engagées depuis 2011 n’expliquent pas l’augmentation de la mortalité infantile. La réponse doit être adaptée à chaque territoire, en tenant compte des conditions de sécurité des soins et de la disponibilité des professionnels.
Une situation devenue alarmante
Les recommandations de l’IGAS font écho à une dégradation continue des indicateurs de mortalité infantile. En 2024, 2 709 enfants sont décédés avant leur premier anniversaire, soit environ un décès pour 250 naissances vivantes. Le taux de mortalité infantile a atteint 4,1 pour 1 000, contre 3,5 en 2011. La France se classe désormais au 23e rang parmi les 27 pays de l’Union européenne, selon l’Institut national d’études démographiques. Si la France atteignait la moyenne européenne, 529 décès d’enfants de moins d’un an auraient pu être évités en 2024.
Source : Rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), 5 août 2024.



