Mandelieu-la-Napoule : L’interdiction du burkini à la plage annulée par la justice
La commune de Mandelieu-la-Napoule doit mettre fin à l’application de son arrêté interdisant les tenues de bain manifestant une appartenance religieuse, dont le burkini, suite à une décision du juge des référés. Ce texte municipal, instauré le 1er juillet pour la saison estivale, avait été justifié par la mairie par des préoccupations d’ordre public et de sécurité sur les plages.
La Ligue des droits de l’Homme (LDH) avait contesté cette me en saisissant la justice pour obtenir son annulation. Le tribunal a jugé que les arguments présentés par la commune ne démontraient pas l’existence d’un danger réel. En effet, la municipalité avait évoqué des incidents survenus il y a dix et quatorze ans, ainsi qu’un climat national tendu, sans toutefois fournir de preuves d’incidents récents liés au port de ces tenues sur les plages de Mandelieu-la-Napoule.
Le juge a souligné qu’une restriction de cette nature ne peut être justifiée que par un risque « actuel et avéré » de trouble à l’ordre public. En conséquence, l’arrêté a été annulé, étant considéré comme une atteinte grave et manifestement illégale à plusieurs libertés fondamentales, telles que la liberté d’aller et venir, la liberté de conscience et la liberté personnelle. Les panneaux de signalisation installés pour informer les usagers de cette interdiction doivent également être retirés immédiatement.
La mairie de Mandelieu-la-Napoule a réagi vivement, évoquant une « déconnexion entre le droit positif et la réalité du terrain » et critiquant la LDH. De son côté, la LDH a salué cette décision, tout en regrettant l’absence d’un contrôle de légalité approprié par la préfecture des Alpes-Maritimes. Elle a également dénoncé l’attitude du maire, considérant ses actions comme visant à satisfaire une frange extrémiste de la population.
Source : Nice Mag.



