Sécheresse en Europe : le mauvais été des centrales nucléaires
En Europe, une sécheresse persistante impacte gravement la production d’énergie. En Hongrie, trois des quatre turbines de la centrale nucléaire de Paks sont à l’arrêt, faute d’une quantité d’eau suffisante pour alimenter les circuits de refroidissement. En Serbie, deux grandes centrales hydroélectriques fonctionnent à seulement 20 % et 30 % de leurs capacités respectivement. De même, en Slovénie, la centrale nucléaire de Krsko réduit sa production à 80 % de sa capacité. Le Danube et ses affluents manquent d’eau, tandis que les températures dépassent les 40 °C, augmentant la demande en électricité pour le refroidissement.
Face à cette crise, la Hongrie modifie ses habitudes : le fret ferroviaire est suspendu entre 17 heures et 22 heures, plusieurs monuments sont éteints, et entreprises comme ménages sont appelés à réduire leur consommation. Les importations d’électricité augmentent. Le Premier ministre Péter Magyar a averti que des jours plus critiques sont à venir.
Paul Dorfman, président du Nuclear Consulting Group, souligne que ces vulnérabilités étaient connues depuis longtemps. Il note que plusieurs grandes rivières, dont le Danube, sont confrontées à des niveaux critiques d’eau.
La centrale de Paks, qui fournit jusqu’à 40 % de l’électricité hongroise, est en situation précaire. Selon Péter Magyar, quelques millimètres séparaient le site d’un arrêt complet. Actuellement, trois turbines sont arrêtées et la dernière fonctionne à puissance réduite. Dorfman rappelle que le nucléaire, souvent présenté comme une source d’énergie toujours disponible, devient de plus en plus intermittent avec le dérèglement climatique.
À Cernavoda, en Roumanie, un réacteur sur deux est également à l’arrêt. Des mes ont été prises pour améliorer l’approvisionnement en eau, mais cela souligne que l’infrastructure nucléaire européenne n’est pas adaptée aux effets du changement climatique.
L’arrêt des centrales nucléaires en Hongrie pourrait coûter jusqu’à 632 millions de dollars. Actuellement, 34 % des réacteurs européens sont à l’arrêt en raison des conditions climatiques.
Les vagues de chaleur, jusqu’ici considérées comme un problème de consommation, posent désormais un défi à la production d’énergie.
Source : L’Express



