Tour de France Femmes : Le lymphœdème vulvaire, un mal méconnu touchant les cyclistes
Le lymphœdème vulvaire, également connu sous le nom de « syndrome de la vulve de la cycliste », affecte environ 80 % des cyclistes féminines, selon Matthieu Muller, médecin de l’équipe Cofidis et gynécologue. Ce syndrome se manifeste par un gonflement des grandes lèvres, entraînant des douleurs et des inconforts, notamment lors des compétitions.
Les cyclistes passent de nombreuses heures sur leur vélo, utilisant des équipements souvent conçus pour les hommes, ce qui peut générer des douleurs chroniques, en particulier au niveau du périnée. Les conséquences de ce syndrome incluent des difficultés à s’asseoir correctement sur la selle, ce qui peut modifier leur posture et entraîner des problèmes tels que des tendinopathies, principalement au niveau du genou.
Un contexte préoccupant
Une étude de 2002, menée par Luc Baeyens, chef du département de gynécologie à l’hôpital universitaire Brugmann en Belgique, indique que les gonflements peuvent être causés par des altérations des trajets lymphatiques, souvent dues à des infections répétées de la région périnéale. Ces infections résultent d’une pression prolongée de la selle sur les parties génitales et d’une position trop penchée sur le guidon.
Le gonflement en lui-même n’est pas nécessairement douloureux, mais ses répercussions sur les performances sportives et la vie quotidienne des cyclistes peuvent être significatives. Flavie Boulais et Cécilia Clair, deux cyclistes françaises, ont témoigné des défis mentaux et physiques que ce syndrome engendre, rendant difficile le maintien d’une concentration optimale durant les courses.
Une nécessité de prévention
Actuellement, la seule option de traitement proposée est la chirurgie pour retirer la zone gonflée, comme le rapporte le médecin Marc Gozlan dans un article de blog. Bien que certaines patientes aient pu reprendre le cyclisme après l’opération, la prévention de ce syndrome est encore insuffisante. Les conseils actuels incluent l’inclinaison de la selle, mais peu d’équipementiers proposent des cuissards adaptés pour réduire les irritations.
Le lymphœdème vulvaire demeure un sujet tabou parmi les cyclistes, et une sensibilisation accrue est nécessaire pour améliorer la prise en charge de cette pathologie.
Source : RMC Sport


