Une maison varoise achetée 416 000 € en 2010 et revendue 343 000 € en 2026 : moins-value brute de 73 000 €, à laquelle s’ajoutent 144 000 € de coût de portage cumulé. Bilan : –217 000 €, soit 13 500 € par an.
Une maison achetée pour 416 000 euros en 2010 à Roquebrune-sur-Argens, dans le Var, a été revendue 343 000 euros en 2026, entraînant une moins-value brute de 73 000 euros. En ajoutant les coûts de portage d’environ 9 000 euros par an, soit un total de 144 000 euros sur seize ans, le bilan total de cette opération s’élève à une perte de 217 000 euros, équivalente à 13 500 euros par an.
Roquebrune-sur-Argens, une commune de 14 448 habitants entre le rocher de Roquebrune et la côte des Issambres, est souvent perçue comme attractive en raison de sa proximité avec Fréjus et Saint-Raphaël, de son climat méditerranéen et de ses paysages naturels. Cependant, le marché immobilier local a connu une évolution défavorable.
Les données du réseau Orpi indiquent une chute de 61,4 % des transactions immobilières à Roquebrune-sur-Argens en deux ans, avec seulement 171 biens vendus en 2024. ParuVendu révèle un prix moyen au mètre carré de 4 894 euros pour 2024, tandis que le prix médian est de 4 704 euros. Ces chiffres masquent des disparités selon les quartiers, le secteur des Issambres maintenant des prix élevés alors que les zones intérieures subissent une pression à la baisse.
Ce contexte est exacerbé par plusieurs facteurs : la densification locale, le basculement sociologique vers un marché résidentiel ordinaire, le retrait des capitaux internationaux suite aux sanctions russes et au Brexit, la montée du risque climatique, ainsi que l’alourdissement de la fiscalité et des taux d’intérêt. Ces éléments remettent en question l’idée selon laquelle l’immobilier de villégiature est un placement sûr, une notion qui ne tient plus dans la majorité des zones « attractives » en France.
Ce cas met en lumière l’importance d’intégrer des dimensions telles que le coût d’opportunité et le coût de portage dans toute analyse patrimoniale. L’immobilier, souvent perçu comme un investissement sûr, peut en réalité comporter des risques significatifs, particulièrement dans un contexte économique et environnemental en mutation.
Source : Orpi, ParuVendu


