Qui doit payer le nouveau stade de tennis ?

Qui doit payer le nouveau stade de tennis ?

Plaidant que le court central du stade IGA approche de sa fin de vie, Tennis Canada souhaite construire un nouveau stade de tennis avec un toit rétractable. Cette initiative est principalement envisagée aux frais des contribuables, sans quoi l’avenir de l’Omnium Banque Nationale à Montréal (OBN) serait menacé.

Le court central du stade IGA a 30 ans cette année, et la portion sud date de 1969. Selon Tennis Canada, une étude de faisabilité indique qu’il sera nécessaire de remplacer le court actuel d’ici 10 ans. La rénovation de l’actuel court central coûterait presque aussi cher que la construction d’un nouveau stade.

Quant au coût estimé de ce nouveau stade, Tennis Canada n’a pas encore divulgué d’informations précises, bien qu’une estimation existe. Le montant devrait être révélé au printemps prochain après une seconde étude.

La question de qui doit financer ce nouveau stade suscite des débats. D’un côté, de nombreux économistes estiment que les contribuables ne devraient pas financer l’industrie du sport professionnel, qui génère peu de retombées économiques réelles. Les revenus proviennent majoritairement du budget loisirs des résidents, qui pourraient dépenser cet argent ailleurs en l’absence de sport professionnel.

D’un autre côté, au Québec, la majorité des stades sportifs, à l’exception du Centre Bell, ont été subventionnés à hauteur de 80 % à 100 % par des fonds publics. De plus, des événements sportifs majeurs comme le Grand Prix de F1 reçoivent également des subventions significatives. L’OBN, qui est l’un des 15 tournois de tennis les plus prestigieux au monde, ne reçoit quant à lui aucune subvention annuelle des gouvernements.

Une partie des fonds publics a été essentielle pour maintenir le tournoi à Montréal, notamment lors de la construction du stade IGA en 1996, où les gouvernements ont financé 80 % des coûts. Les retombées fiscales générées par le tournoi ont permis de rembourser cet investissement en 11 ans.

Il est à noter que si Tennis Canada insiste pour un toit rétractable, cela pourrait entraîner des coûts supplémentaires que l’organisation devrait assumer entièrement. Par le passé, Tennis Canada a financé une grande partie d’autres stades, comme celui de Toronto en 2004, où 25 millions sur un coût total de 35 millions ont été couverts par ses propres fonds et des commandites.

Si aucune solution n’est trouvée avec les gouvernements, Tennis Canada pourrait envisager de déplacer le tournoi vers d’autres villes capables de fournir un financement adéquat. Cependant, la direction de Tennis Canada reste confiante quant à la capacité de Montréal à accueillir l’OBN, attirant environ 300 000 spectateurs par an.

Les gouvernements et Tennis Canada ont donc tout intérêt à s’entendre, car la perte de l’OBN serait préjudiciable pour la ville et la province. Une solution équilibrée, intégrant à la fois des fonds publics et une participation significative du secteur privé, semble être la voie à suivre.

Source : La Presse

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