“On est dans l’inconnu” : dans le Haut-Doubs, les abeilles privées de fleurs face à une saison hors norme

Les abeilles du Haut-Doubs en difficulté face à une saison hors norme

Depuis fin juin, les abeilles du Haut-Doubs produisent beaucoup moins de miel. Au Rucher des Deux-Lacs, à Labergement-Sainte-Marie, les frères Johann et Michael Girard constatent une baisse significative de leur production en raison d’une saison particulièrement difficile pour leurs colonies. Cette situation soulève des questions sur l’avenir de leur exploitation familiale, créée en 1983 et comptant une douzaine de personnes.

Une saison atypique

En plein été, une ruche devrait être en pleine activité. Cependant, les abeilles du Haut-Doubs tournent au ralenti cette année. Privées de fleurs à butiner, elles puisent dans leurs réserves, forçant les apiculteurs à intervenir. L’exploitation, qui compte environ 2 000 ruches réparties dans le Doubs, fait face à un défi inédit : les abeilles manquent de ressources florales.

Impact de la chaleur

Depuis le 20 juin, la chaleur a stoppé la production de nectar et de pollen. Johann Girard souligne que « les conséquences sont que la végétation a énormément souffert. Donc, les abeilles ne trouvent plus de ressources : il n’y a plus de fleurs, plus de nectar, plus de pollen ». Les floraisons estivales habituelles ont disparu, et les prairies ne présentent plus les trèfles, sainfoins et lotiers nécessaires à la survie des abeilles.

Adaptation des colonies

Privées de ressources, les colonies s’adaptent : la reine ralentit sa ponte et l’activité des abeilles diminue. « Quand elles n’ont plus de ressources, la reine va quasiment arrêter sa ponte. Elles se mettent en mode économique pour éviter de consommer », explique Johann Girard. Cette adaptation a des conséquences directes sur la capacité de production de miel pour les mois suivants.

Nourrir les colonies

Face à cette situation, les apiculteurs sont contraints de nourrir leurs colonies, une intervention exceptionnelle pour ces professionnels habitués à laisser les abeilles trouver leurs ressources naturellement. Johann Girard déclare : « Si on ne le fait pas, on perd notre outil de travail. On perd nos ruches. » Cette obligation représente un constat difficile à accepter pour les apiculteurs.

Conséquences économiques

Michael Girard évoque les répercussions économiques de cette année hors norme. Alors que l’exploitation peut encore compter sur les réserves d’une bonne récolte de 2025, la récolte d’été de cette année sera quasiment inexistante. « Normalement, le miel d’été représente entre 10 et 15 tonnes. À partir de mi-juin, les abeilles ont arrêté de travailler », précise-t-il. La baisse de production pourrait atteindre 40 à 50 %.

Inquiétudes pour l’avenir

Après plus de quarante ans d’existence, les frères Girard qualifient cette situation d’« inédite ». Ils s’interrogent également sur l’avenir de la production de miel de sapin, essentielle pour l’équilibre économique de leur exploitation. Michael Girard souligne que l’état des forêts est préoccupant : « La forêt de sapins, on la voit dépérir, donc on sait que ça va plutôt aller dans ce sens-là. »

Conclusion

Les apiculteurs espèrent le retour de la pluie et des dernières floraisons d’automne pour permettre aux colonies de refaire leurs réserves avant l’hiver, une étape cruciale pour l’avenir des ruches et de cette exploitation familiale.

Source : France 3 Régions

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